Cinéma L’auteure Anne-Dauphine Julliand a suivi cinq jeunes enfants dans leur combat contre la maladie.

Du temps de sa splendeur, avant de sombrer dans l’alcoolisme et les errements politiques, Renaud a ému toute la francophonie avec sa chanson "Mistral gagnant", adressée à sa fille en 1985. Laquelle se terminait ainsi : "Et t’aimer même si le temps est assassin/Et emporte avec lui les rires des enfants/Et les mistrals gagnants…"

Cette chanson tendre a hanté la romancière Anne-Dauphine Julliand, qui a donné naissance à deux petites filles qui, suite à une maladie génétique, ont perdu la vie, dont la dernière il y a quelques semaines seulement. L’auteure de "Deux petits pas sur le sable mouillé", où elle racontait en 2011 son expérience de mère d’enfants malades, a voulu poursuivre son travail de témoignage dans un documentaire. Mais en se mettant cette fois du côté des enfants. Ils s’appellent Imad, Ambre, Camille, Ambre, Tugdual et Charles. Ils souffrent d’insuffisance rénale, de neuroblastome, de maladie cardiaque, de cancer ou d’épidermolyse bulleuse. C’est leur histoire qui est ici racontée.

Les trajectoires sont évidemment déchirantes mais "Et les mistrals gagnants" se fait toujours convenu, manquant cruellement d’un vrai point de vue. Dès la première image, on a compris que la réalisatrice voulait nous montrer que la vie est plus forte que tout. Car, comme l’explique l’un des enfants : "Quand on est malade, ça n’empêche pas d’être heureux."

Face à tant de douleur, tant d’injustice, le spectateur se retrouve comme pris en otage des bons sentiments. Reste évidemment le rire de ces enfants, qui font de l’hôpital leur terrain de jeu, courant dans ses couloirs à toute bringue. Ou qui craquent face à la caméra, lorsque quelques scènes dures où l’on se sent quelque peu voyeur… Heureusement, on sourit aussi parfois, quand un gamin explique par exemple qu’il aime bien la morphine "parce que ça me fait comme des guilis." Ou l’on enrage de douleur d’entendre le petit Camille raconter qu’il était malade avant même de naître, alors qu’il était encore dans le ventre de sa mère. "Quand je serai mort, je ne vais plus être malade", explique la jolie bouille au crâne rasé, qui s’en est allé depuis la fin du tournage…


© IPM
Réalisation : Anne-Dauphine Julliand. 1h19.