Cinéma

Evidemment, il n'aura pas fallu attendre que la "première version définitive du story-board" soit finalisée, il y a une douzaine de jours, pour que le casting commence. Trouver des acteurs pour un film d'animation traditionnelle est un processus de longue haleine. Voire, la chose s'apparente parfois à chercher une aiguille dans une botte de foin.

Dans le cas de "Panique au Village", les acteurs étant des figurines de plastique dur (forcément inertes), il est impossible de leur faire réaliser les mouvements que l'on peut attendre d'acteurs de chair et d'os. Pour créer l'illusion du mouvement, il faut donc décomposer celui-ci en quelques phases significatives et prévoir autant de figurines que chaque personnage a de postures à adopter...

Des acteurs par centaines

Oui, mais combien de ces phases sont-elles à prévoir ? C'est ce que l'équipe tente de déterminer en procédant à des tests d'animation, image par image. Chaque scène prévue au story-board, chaque action prévue pour chacun des personnages est ainsi découpée dans ses moindres détails (lire ci-dessous).

C'est l'une des principales difficultés de l'animation de figurines : chaque personnage (qu'il s'agisse de Coboy, d'Indien ou de Cheval pour ne citer que les trois principaux), est donc interprété par une multitude d'acteurs différents. Des figurines souvent disparates qu'il faut alors relooker, repeindre, pour donner l'impression qu'il s'agit toujours du même personnage. Au total, on l'imagine bien, cela donne des centaines de figurines, si pas des milliers. Vive les casiers de rangement !

Et pour réunir tout ce petit monde, tous les moyens sont bons. On procède à la visite systématique de chaque magasin de jouets rencontré sur son chemin (de peur de rater un lot de figurines magiques). On fait appel à toutes les connaissances de bonne volonté partantes pour des expéditions périlleuses au fin fond des greniers. On organise des collectes publiques, comme celle réalisée lors du festival des Nuits Botanique - où le public était invité à apporter ses fonds de tiroirs et autres fonds de boîtes sommeillant à la cave ou dans les combles. On active des contacts permettant d'étendre le domaine des recherches jusqu'à l'autre bout de la planète : un ex-collègue sonde actuellement le marché du jouet en Chine, pays roi de la figurine.

Fabriquer les acteurs

Au bout du compte, quand on a tout rassemblé, tout inspecté, tout trié, tout répertorié, que l'on a coupé les têtes, les bras, les jambes et les pattes pour les recoller dans d'autres positions, mais que l'on n'a toujours pas assez de figurines pour adopter les diverses postures prévues par le story-board, il faut alors mettre la main... à la pâte. Et donc créer les acteurs manquants de toutes pièces. Ou presque. C'est le boulot de l'atelier de moulage.

"On réalise des moules de plâtre, parfois à partir d'un bout de figurine existante, parfois simplement en y gravant la forme recherchée. Puis, on injecte la silicone liquide qui a la particularité de se solidifier très rapidement. On affine alors le résultat, en retouchant la figurine obtenue au moyen d'autres moules", explique Pilar Torres Villodre, l'assistante de production. "Et puis, il ne faut pas oublier qu'une bonne partie de travail de création concerne les accessoires (casquettes, chapeaux...), les outils, les meubles, les objets".

Les formes et les couleurs de tout cet attirail se précisent au fur et à mesure. C'est ici qu'interviennent les croquis, de grandes pages où l'on représente une scène, un décor, une action, et qui guident le réalisateur dans le choix des couleurs définitives, des parties de décor à réaliser, des éclairages à prévoir... Mais ceci, est déjà une autre histoire.

Surfez sur Panique au village, le blog du tournage du film

http://paniqueauvillage.blogs.lalibre.be/