Cinéma

L’esprit d’un individu qui s’introduit dans un autre est un phénomène bien connu des spectateurs, sans qu’il soit nécessaire de recourir à un exorciste. Dernièrement, Louise Bourgoin devenait Stéphane De Groodt et vice versa dans "L’un dans l’autre" de Bruno Chiche.

Adapté du best-seller de David Levithan, "Every Day" pousse l’idée un cran plus loin. En effet, l’esprit change de corps tous les jours. Il se branche 24 h sur la mémoire du visité et se débrouille comme il peut, en fille ou en garçon, jusqu’au lendemain où il découvrira le nouveau corps qu’il n’a pas choisi.

Ce qui ne change pas, c’est son âge. Il vieillit d’un jour tous les jours, il a l’âge des corps qu’il habite. En l’occurrence, il en est à celui du premier amour et il a flashé sur la jolie Rihannon.

Déjà que la situation de A, c’est le nom qu’il s’est donné, n’est pas simple à expliquer aux spectateurs, sans recours aux effets spéciaux type "Visiteurs"; mais comment A pourrait-il faire comprendre à sa belle que lundi, il est cet Asiatique bien enveloppé, mardi une fille avec un joli foulard, mercredi son petit copain, jeudi une gamine aux cheveux courts… Comment ? Avec de la bonté. Le corps change mais sa bienveillance, sa tendresse, sa tolérance restent.

A essaie d’être un locataire discret, de ne pas laisser de traces de son passage, de n’occasionner aucun problème au visité, même d’en régler quelques-uns en toute discrétion. L’idée a du potentiel mais le cadre - un film pour teenager - en manque. Cette métaphore qui donne le vertige, se contente ici d’ouvrir les yeux de l’héroïne sur sa situation sentimentale. Bref, tout ça, pour les beaux yeux d’Agourie Rice.


© IPM
Réalisation : Michael Sucsy. Avec Agourie Rice, Justice Smithy, Maria Bello…..1h35