Cinéma

En 1953, la pulpeuse Gloria Grahame reçoit l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour sa prestation dans "Les ensorcelés" de Vincente Minnelli. Starlette du film noir hollywoodien - elle est inoubliable aux côtés d’Humphrey Bogart dans "In a Lonely Place" de Nicholas Ray -, elle est alors au sommet de sa carrière. Quand Peter Turner la rencontre en 1979 à Londres, la comédienne n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ses belles années sont en effet derrière elle. Le jeune homme de 26 ans tombe pourtant sous le charme de cette femme de trente ans son aînée. Il est même prêt à la suivre à Hollywood et à New York…

Cette romance, le comédien anglais originaire de Liverpool l’a racontée dans son récit autobiographie "Film Stars Don’t Die in Liverpool", publié en 1986, cinq ans après la disparition de l’actrice américaine, morte d’un cancer. Paul McGuigan en propose une adaptation très sage, avec quelques touches d’eau de rose qui font un peu penser à un téléfilm de prestige pour Netflix…

"Wicker Park", "Slevin", "Push", "Dr Frankenstein"… Le cinéaste écossais est un vrai touche-à-tout, sautant sans sourciller de la comédie romantique outrée au thriller malin, en passant par le blockbuster ou le fantastique. Le voici donc dans la romance historique, mais sans aucune idée de mise en scène. Alternant entre le présent (quand Gloria Grahame, très malade, s’invite à Liverpool chez les parents de son ancien amant) et le passé (la vie heureuse du couple à Londres et Los Angeles), le film joue de façon outrancière des flash-back convenus (avec des transitions hyper travaillées), d’un fond social ouvrier anglais appuyé et d’une bande-son sirupeuse. Tout cela est censé nous émouvoir mais, très rapidement, on se désintéresse de ce béguin d’un jeune homme pour une vieille gloire hollywoodienne.

Dommage car les comédiens sont bons. Annette Benning est en effet impeccable dans le rôle de Gloria Grahame face à un Jamie Bell qui a bien grandi depuis "Billy Elliott" et qui peut enfin s’échapper des superproductions hollywoodiennes type "Les 4 fantastiques" et "Jumper". Mais on est surtout heureux de retrouver la trop rare Vanessa Redgrave. Elle n’a qu’une seule scène mais l’actrice anglaise est impeccable. Et possède, elle, l’aura d’une vraie star…

Réalisation : Paul McGuigan. Scénario : Matt Greenhalgh (d’après l’autobiographie de Peter Turner). Photographie : Urszula Pontikos. Musique : J. Ralph. Montage : Nick Emerson. Avec Annette Bening, Jamie Bell, Vanessa Redgrave, Julie Walters, Stephen Graham… 1 h 46.

© IPM

Le film sort uniquement à Bruxelles au cinéma Palace.