Cinéma Imelda Staunton est irrésistible d’explosivité dans un feel good movie britishissime.

C’est le plus beau jour de la vie de Sandra. 35 ans qu’elle le prépare. Elle a checké le moindre détail d’une réception fastueuse organisée dans son imposante résidence. En smoking et robe de soirée, les invités se pressent pour féliciter son mari fonctionnaire, fraîchement décoré d’un ordre de sa majesty à l’occasion de sa mise à la retraite. Sandra est désormais Lady Abott.

Tout en écoutant son mari lui rendre un hommage convenu lors de son speech de circonstance, elle savoure pleinement le sentiment de jalousie qui ronge ses meilleures amies. Toutes ? Pas sûr. En tout cas, il y en a une qui se prépare à féliciter le héros du jour avec une petite gâterie dans un débarras. Et ce qui doit arriver, arriva. Voilà Lady Abott complètement out of control, offrant à ses meilleures amies leur délicieuse vengeance. Adieu soirée de gala, spa, croisière, lady, etc. Bonjour divorce et grande sœur perdue de vue depuis… disons 10 ans.

C’est que Sandra et Bif avaient autant en commun que Margaret Thatcher et Michelle Obama, le courant ne passait plus depuis longtemps. Une sœur écolo, bio, tout à vélo jurait bien trop dans son univers bien bourge. Il n’est guère nécessaire d’en dire davantage, tout le monde voit où le film va en venir. Et même comment il compte y arriver puisque la grande sœur fréquente un cours de danse avec d’autres seniors, délicieux et barrés, qui vont s’employer à assouplir la frangine amidonnée par des décennies de standing à étaler.

On est en terrain connu, celui du feel good movie. Richard Loncraine n’a pas inventé "The Full Monty" mais il connaît son métier, d’autant que le plan est suffisamment solide pour résister à son péché mignon d’en remettre une petite couche côté sensiblerie. Il connaît l’essentiel pour réussir l’ouvrage : de bons acteurs. Et le casting est royal.

Royal car au côté de Joanna Lumley qui ne laisse jamais indifférent; Celia Imrie se tient pour une fois au premier rang dans le rôle de la grande sœur. Timothy Spall, égal à lui-même, même s’il a beaucoup maigri, est capable de tout jouer, même un héros de comédie quasi romantique dans sa vieille camionnette Bedford et son museau de bouledogue.

Et the Lady, c’est la tante Lucy de "Paddington", la Dolorès Ombrage de Harry Potter, la patronne de "Hotel Woodstock", une fidèle de Mike Leigh qui passe l’essentiel de sa carrière sur les planches : Imelda Staunton.

En la voyant se dégeler et opérer sa lente métamorphose tout en gardant son explosivité, on se dit que c’est la meilleure des comédiennes anglaises. Et puis, on pense à Emma Thompson, à Sally Hawkins, à Charlotte Rampling, à Judy Dench, à Maggie Smith, à Kate Winslet, à… et on se dit que c’est idiot de vouloir mettre des acteurs sur des podiums.

Réalisation : Richard Loncraine. Scénario : Meg Leonard, Nick Moorcroft. ne. Scénario : Meg Leonard, Nick Moorcroft. Imelda Staunton, Timothy Spall, Celia Imrie, Joanna Lumley… 1h51.

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