Cinéma Sous la direction de Carine Tardieu, l’acteur tient ici un de ses meilleurs rôles. Mais à quel prix ?



Extraits entretien: Fernand Denis

(...)

C’est le troisième film de Carine Tardieu sur les parents, vous étiez faits pour vous rencontrer.

Ça s’est passé de façon classique. Elle m’a parlé de son projet à Bruxelles. J’ai regardé ses deux premiers films. J’avais aimé sa façon d’aborder des sujets graves avec autant de légèreté, de poésie. On sort de ces deux films, plein de bonnes ondes en se disant : tant qu’il y a de l’amour, il y a de l’espoir, rien n’est grave.

Même sensation à l’issue du troisième ?

Je ne cache pas que j’avais quelques appréhensions à le voir car j’ai joué sans carapace. Quand il y a un artifice, c’est facile, on se dit, c’est pas moi. Quand il n’y a pas de carapace, c’est moi. Il faut avoir un vrai problème schizophrénique pour jouer dans un film comme cela et aller le voir, les mains dans les poches. Carine voulait que je le regarde et à chaque projo, je trouvais une excuse, inconsciente ou pas, pour ne pas y aller. Quand il a été sélectionné à Cannes, j’ai encore tiré. A trois jours, elle s’est énervée en disant qu’il était hors de question que je fasse des interviews sans l’avoir vu. Je tournais mon film et je n’avais pas la possibilité de venir à Paris. Alors, elle a organisé une projo à Bruxelles. J’étais tout seul, à 11h du matin et j’ai pris ce film de plein fouet, j’étais KO comme un boxeur. J’ai mis une demi-heure à sortir de la salle. Je l’ai appelée pour m’excuser, je sais que je lui avais mené la vie dure pendant tout le tournage.

Le tournage fut si difficile ?