Cinéma

Plutôt que de rendre son mari Jean (Didier Bourdon) malheureux, Sandrine (Valérie Bonneton) décide de ne pas le priver de sa maîtresse Virginie (Isabelle Carré), dont elle vient de découvrir l’existence avec fracas après neuf mois de tromperie. A sa rivale, elle propose un deal : tu le prends une semaine sur deux. Une garde alternée en quelque sorte. Un peu surpris, le quinqua finit par accepter et profite à fond de cette offre de bigamie inattendue.

Le pitch est plutôt drôle. Il fait penser à celui de "Maggie’s Plan", où Julianne Moore poussait Ethan Hawke dans les bras de Greta Gerwig… Malheureusement Alexandra Leclère n’est pas Rebecca Miller… Depuis son premier film "Les sœurs fâchées" en 2004, la cinéaste française accumule les comédies de mœurs foutraques pour décrire les travers de la société française : famille, couple, racisme…

Si elle n’a jamais fait dans la finesse, elle est rarement tombée aussi bas que dans "Garde alternée", une comédie affligeante à laquelle on ne croit pas une seconde. Difficile en effet d’imaginer Didier Bourdon en grand séducteur, sur lequel se pâment Bonneton et Carré mais aussi ses étudiantes à la Fac et même son meilleur ami.

En plus d’être stupide, de donner une image rétrograde de la femme, Leclère s’offre des portraits d’homosexuels dignes de "La cage aux folles". On éprouve de la peine pour Laurent Stocker et Michel Vuillermoz, "de la Comédie-Française"… De même pour la douce Isabelle Carré, pas à l’aise dans ce registre. Au contraire de Bourdon et Bonneton (qui fait de plus en plus penser à Chantal Ladesou), comme des poissons dans l’eau, ce film pas fait et pas à faire en dit long sur l’état de la comédie française…


© IPM
Scénario&réalisation : Alexandra Leclère. Photographie : Jean-Marc Fabre. Musique : Mathieu Lamboley. Montage : Andrea Sedlácková. Avec Valérie Bonneton, Didier Bourdon, Isabelle Carré, Laurent Stocker, Hélène Vincent, Michel Vuillermoz… 1 h 45.