Cinéma

"Gringo" aligne un casting important par rapport à son scénario mal torché et sa mise en scène aussi aride que le désert de Sonora. On y croise Charlize Theron en business bitch version Malefice, Joel Edgerton en PDG priapique (donc dans l’air du temps trumpesque) et David Oyelowo en cadre trahi par femme et patron, qui simule un kidnapping pour se venger.

L’intrigue essaie de se la jouer comédie noire, option chicano, avec une compagnie pharmaceutique américaine flirtant avec un cartel mexicain, un ex-mercenaire illuminé, un petit dealer blanc et sa fiancée, des pieds nickelés mexicains et quelques gros bras…

C’est alambiqué comme un Elmore Leonard mais il manque l’ivresse d’un "Punch Creole", sur le papier, et, à l’écran, l’énergie foutraque d’un Tarantino, l’inspiration d’un Soderbergh ou l’acidité des Coen - modèles évidents qui, même dans leurs mauvais jours, réussissent mieux l’essai que Nash Edgerton, frère de l’autre. Les personnages sont peu ou mal développés, stéréotypes mexicains (au choix : relous, crétins ou des brutes sanguinaires), sous-intrigues négligées (la virée d’Amanda Seyfrig et de son petit copain), rebondissements prévisibles… A croire que le frangin Edgerton a forcé sur le mescal ou les petites pilules au cannabis du scénario.A.Lo.

Réalisation : Nash Edgerton. Avec David Oyelowo, Charlize Theron, Joel Edgerton,… 1h50.

© ipm