Cinéma C’est filmé en prises de vues réelles mais ce n’est pas une production Disney. Enfin presque tout de même.

Il était une fois une veuve. Son mari ne lui avait laissé en héritage qu’une maîtresse dans le placard et des dettes dans le coffre-fort.

"Il va falloir faire quelque chose", lui martelait régulièrement son fils unique, paniqué à l’idée de se ramasser la déconfiture financière de sa mère. Pourquoi ne pas vendre quelque chose ?

Et la dame de visiter le grenier de son appartement dans le quartier de Hampstead, cette cossue cité-jardin de Londres.

Tiens, une paire de jumelles. Un petit coup d’œil. My goodness ! Un homme nu se lave dans la rivière, au milieu des nénuphars. Elle ne peut plus se décoller des binoculaires au point de se rendre jusqu’à la cabane et de faire la connaissance de cet homme des bois. Enfin des fourrés. Peu importe, c’est un exemplaire unique dont l’habitat est menacé par un promoteur immobilier qui entend le déloger de son nid très écologique pour construire des appartements au prix vertigineux.

Et notre Américaine de prendre, progressivement, fait et cause pour notre clochard qui, bien évidemment, ne veut d’aide de personne.

Voilà un film qu’on voudrait aimer mais plus il avance et moins on y arrive. Trop de musiquette de Stephen Warbeck. Trop de sirop qui ramollit le scénario. Trop de magie dans le conte de fées. Trop de décors choisis par l’office du tourisme.

Trop d’acteurs en pilote automatique, aussi. Ainsi, la merveilleuse Lesley Manville surjoue sa partition composée par Mike Leigh dans "Another year". Brendam Gleason fait son ours mal léché qui sent le patchouli.

Et dieu sait qu’on aime Diane Keaton, qu’on est sensible à son sens du look, une de ses caractéristiques majeures, mais ici, cela tourne au défilé - elle tient une boutique de fringues mais tout de même - au mépris de la crédibilité du scénario.

"Hampstead", c’est pas méchant, mais Joel Hopkins, qui s’est fait une spécialité des comédies romantiques vermeil - "Duo d’escrocs", "Last Chance Harvey" - la joue cette fois un peu trop appuyée, même tendance niaise.


© IPM
Réalisation : Joel Hopkins. Scénario : Rob Festinger. Musique : Stephen Warbeck. Avec Diane Keaton, Brendan Gleeson, Lesley Manville, Simon Callow… 1h 42.