Cinéma

Peut-on recommander ce film à son pire ennemi ? C’est une question qu’on peut se poser en sortant du film de Martine Doyen. Autre question, au départ de la remarque de ma voisine : "J’ai vu pire." Mais elle avait du mal à se rappeler quoi. Peut-être en cherchant bien, dans le cinéma belge des années 80.

Encore une question. La personne qui filme (on a du respect pour les mots réalisateur, cinéaste, metteur en scène), est-elle une victime collatérale de l’attentat contre le musée juif de Bruxelles ? C’est qu’en bruit de fond, on entend des reportages radio dans toutes les langues, concernant cet événement. Ou alors, c’est une métaphore, le film est, lui-même, un attentat.

De fait, c’est bien un acte de barbarie cinématographique.

D’abord, c’est flou comme les malheureux hamsters qui sortent de leur cage. Et puis, c’est le chaos. On essaye de comprendre ce qu’on voit, mais ça n’a pas de sens. Ensuite, c’est sanglant : un type se coud la bouche avec une aiguille et du fil. Enfin, il y a des victimes, des hommes et des femmes viennent faire régulièrement de l’expression corporelle sur la cour désaffectée d’un immeuble des environs des Marolles. Pas loin de l’ascenseur qui mène au palais de justice.

Elle l’aime bien Martine Doyen. Ça monte, ça descend. Haut, bas. Haut, bas. Comme Jacquouille la fripouille dans "Les Visiteurs". Jour, nuit ! Jour, nuit ! Mais bon l’ascenseur est plus lent. Et il pleut. Peut-être attendait-elle que la pluie s’arrête ? Comme le spectateur attend que le film s’arrête, après avoir regardé sa montre toutes les deux minutes. Trente-cinq fois donc.


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Scénario, réalisation, photographie, motange : Martine Doyen. Musique: Casio Bxl, David Chazam. Avec Frédéric Rolland, Delphine Brual, Veerle Vaes... 1 h 11