Cinéma

Dans un bar gay, un client a l’œil aimanté sur un beau gars au T-shirt noir. Même lorsqu’il roule des pelles au petit gars en T-shirt gris. Que s’est-il passé ensuite ? Il a tellement bu, fumé, sniffé qu’il serait bien incapable de le dire. Mais, même sans son T-shirt noir, notre client reconnaît, le lendemain matin, le gars couché à ses côtés. Un sacré tempérament, un artiste conceptuel. Sa dernière idée : faire raconter par son partenaire le récit de sa dernière baise et l’enregistrer sur sa minicassette.

On ne va plus quitter le maître nageur et le galeriste de tout le week-end en forme de huis clos théâtral en trois volets : un, la passion; deux, la confrontation; trois, la séparation.

Entre le prolétaire sensible et le bourgeois arrogant, va s’engager un dialogue symbolique. C’est la rencontre du gay au profil bas et du gay militant, de celui qui n’a pas fait son coming out (mais son meilleur ami d’enfance est au courant) et de celui qui revendique de raconter ses hauts faits sexuels, haut et très fort, dans les bars et les restaurants, afin que personne ne puisse ignorer le moindre détail. L’un aimerait construire une relation stable et l’autre ne veut pas entendre parler de sentiments.

Avec un sens plastique soufflant, du cadre particulièrement, mais aussi de la couleur, Andrew Laigh plonge le spectateur dans une love story gay, dont les états d’âme des protagonistes et les fixations érotiques (les aisselles) ne manquent pas d’exotisme pour un public hétéro. Dommage qu’Andrew pousse un peu trop fort le côté militant, ce qui a tendance à réserver son "Weekend" à un public ciblé, alors que la profondeur des conversations, le talent des acteurs, les qualités formelles avaient de quoi intéresser un public au-delà du ghetto.

Réalisation, scénario : Andrew Laigh. Avec Tom Cullen, Chris New 1h36.