Cinéma

Le cinéma mondial recelle son lot de réalisateurs qui restent ignorés de la masse des spectateurs, mais qui n'en constituent pas moins des maîtres respectés et célébrés auprès des cinéphiles. En quelque vingt ans d'activité et vingt-trois longs métrages, le Sud-Coréen Hong Sang-soo a gagné ce statut, bâtissant une oeuvre cohérente, tout entière centrée sur le plus universel des thèmes : les rapports entre les sexes et leurs mystères (lire ci-dessous).

En pleine verve, il a signé trois films en 2017, parmi lesquels "Le Jour d'après" et "La Caméra de Claire" furent présentés en sélection officielle au Festival de Cannes, un rare doublé. A 57 ans, Hong Sang-soo a acquis une indépendance dans le système de production coréen, plutôt calqué sur le modèle industriel américain, au prix de budgets serrés - parfois moins de 50 000 euros (un film d'auteur belge coût 2 à 4 millions) - et d'un temps de production réduit (une dizaine de jours de tournage, trois ou quatre pour le montage). L'intensité et la richesse de ses films en sont d'autant plus remarquables.