Cinéma

Il y a dix ans, le jeudi 9 novembre à 14h00, Yves Montand, le chanteur-acteur-militant, mourait des suites d’un infarctus dans une clinique près de Paris, à l’âge de 70 ans.

Ironie du sort, le chanteur et comédien avait joué, quelques jours auparavant, une scène prémonitoire dans ce qui devait être son dernier film, «IP-5, l’Ile aux pachydermes », de Jean-Jacques Beineix, où son personnage, Léon Marcel, intimait à son coeur : «Me lâche pas, toi, me lâche pas ».

Peu avant sa mort, Yves Montand avait programmé un nouveau spectacle parisien qu’il voulait dédier à son fils, Valentin, alors agé de 3 ans.

Dix ans après, les magazines, les radios, les télés, rendent hommage à cet artiste complet, couvert de lauriers comme chanteur et comme comédien, militant inlassable, notamment contre le stalinisme et pour Solidarnosc, qui n’a pas d’équivalent dans le paysage médiatique actuel.

Montand avait toujours refusé de choisir entre la comédie et la chanson. C’est comme chanteur qu’il avait connu ses premiers succès. A Marseille (sud), d’abord, où son père, ouvrier communiste italien s’était exilé en 1923 avec sa femme et ses trois enfants, dont le cadet Ivo Livi (le vrai nom de Montand) était alors âgé de 2 ans.

En février 1944, à 23 ans, il monte à Paris. Edith Piaf l’engage peu après en première partie de son spectacle au Moulin Rouge. En quelques mois, il devient la coqueluche du Tout-Paris.

Il fait également ses débuts d’acteur («Les Portes de la nuit » de Marcel Carné) et rencontre celle qui aura une influence décisive à la fois sur sa vie d’homme et de citoyen engagé, Simone Signoret, qu’il épouse fin 1951.

L’engagement, le music-hall, le cinéma, seront les trois piliers de l’existence de Montand. Interprète des chansons de Francis Lemarque, Jacques Prévert, Joseph Kosma, Pierre Barouh, David McNeil, acteur dans des films de Costa Gavras, George Cukor, Henri-Georges Clouzot, Jules Dassin, Claude Sautet, Alain Corneau, Montand laissera à la postérité ses rôles dans «Le Salaire de la peur » et «L’Aveu », aboutissement de son engagement d’homme et de comédien.

Au cours des dernières années, Montand est revenu dans l’actualité avec les démélés entourant la recherche de paternité d’Aurore Drossart, une jeune Française affirmant qu’il était son père. La justice avait dans un premier temps déclaré qu’il était bien son père. Après un épisode macabre d’exhumation pour prélever l’ADN de l’artiste, la science et la justice ont tranché fin 98: «Ivo Livi n’est pas le père d’Aurore Drossart ».

Quant à sa postérité de chanteur, elle est jugée «moyenne » par les spécialistes. Ses disques ne se vendent pas beaucoup. Selon les spécialistes du chanteur, l’«affaire Aurore Drossard » expliquerait en partie la relative désaffection dont il est l’objet. Paru il y a 6 ans dans la collection Vade Retro, un très bel ouvrage consacré au chanteur-acteur n’a trouvé à ce jour que 3.000 preneurs.

Profitant du 10e anniversaire de sa mort, Sony Music vient de publier un double album regroupant 48 de ses «plus grands succès ». TF1 Vidéo surfe aussi sur la nostalgie et propose un coffret d’archives avec des extraits d’émissions télévisées, de concerts, d’interviews (environ 5 heures de programme).

Yves Montand est enterré au Père Lachaise à Paris, à côté de Simone Signoret. (AFP)