Cinéma

Mystère de la distribution ou avertissement de faiblesse : "Irina, la mallette rouge", film sorti en 2013 en France, arrive seulement sur les écrans belges cinq ans plus tard. On s’explique d’autant moins cette arrivée différée que ce film, a priori pour jeune public, traitant des lendemains douloureux de la guerre en ex-Yougoslavie, n’est guère mémorable, récit convenu à la trame et aux bons sentiments d’un autre âge, encore plus révolu que l’époque qu’il évoque.

Le récit débute après la conclusion des accords de paix en ex-Yougoslavie, fin 1995. Les canons se taisent en Bosnie, musulmans et Serbes se replient chacun sur leur territoire. Mais la haine, l’esprit de revanche, la rancœur subsistent… Et, çà et là, les épurations continuent.


Irina, une fillette serbe de huit ans, perd son père lors de leur fuite. Elle échoue dans la ferme d’une pauvre famille musulmane. Le père veut la renvoyer. La mère écoute son cœur. Malik, leur fils, se lie d’amitié avec la gamine. Alors que les violences menacent encore autour d’eux et que le chef de la milice locale traque les Serbes sans pitié, Irina trouve un havre de paix précaire.

Les intentions humanistes des auteurs et du réalisateur Bernard Mazauric sont respectables - accordons-leur cette intégrité. Mais les personnages sont stéréotypés et monolithiques (le fermier bourru, la mère aimante, le méchant milicien, le maire veule, les gentils casques bleus,…), sentiment renforcé par une version française au doublage sans nuance.

A une époque où les violences physiques et verbales du monde des adultes déroulent devant nos portes et sur tous nos écrans leur litanie d’horreurs et d’intolérances ignorantes, "Irina, la mallette rouge" n’offre ni le réconfort du conte, ni l’édification salvatrice du didactisme.

Réalisation : Bernard Mazauric. Avec Colin David Reese, Chrystelle Labaude, Marine Vincent,… 1h27.

© IPM