Cinéma

En 2012, Vincent Solheid cosignait avec Jérôme Le Maire et Benjamine De Cloedt "Le Grand’Tour", road movie dans les bois brouillant, dans son style brut et plus ou moins improvisé, les frontières entre réalité et fiction. Cinq ans plus tard, le revoici, toujours en triumvirat mais cette fois avec Michaël Bier et Erika Sainte, dans un même exercice de mise en abyme.

Artiste pluridisciplinaire - est-il plasticien, comédien, réalisateur ? - Solheid et ses compères continuent de brouiller les cartes avec cette histoire d’un plasticien, comédien, réalisateur qui se prénomme Vincent, qui met en scène ses souvenirs dans un film d’art réalisé avec sa compagne Erika et son ami Michaël.

Le Vincent du film est très égotique - comme l’était celui du "Grand’Tour", dont la crise existentielle le poussait à marcher toujours plus loin dans les bois. Il s’y est perdu, hélas.

Les moments les plus convaincants sont, étonnamment, les images figées, sublimées, qui sont l’objet de l’exposition qui ponctue le film (et qui a réellement eu lieu, dans une vraie galerie d’art contemporain). A d’autres instants, on se laisse prendre par un comique de situation ou un second degré à froid, qui peuvent faire mouche.

Mais il manque un espace de projection pour le spectateur, là où le délire jusqu’au boutiste du "Grand’Tour" exploitait un fantasme répendu. Ici, Vincent tourne en rond et nous place en voyeur malgré nous de son nombril qui le démange.

Si on était vache, on lui dirait d’y rester, dans les bois. Mais comme le trio est sympathique, et pas dénué de profondeur, on leur conseillera de s’empresser d’en sortir.


© IPM
Réalisé et interprété par Vincent Solheid, Michaël Bier, Erika Sainte,… 1h23.