Cinéma

Jean-Claude Carrière, romancier, essayiste, dramaturge et scénariste français, sera ce samedi 17 juin à l’Espace Delvaux, à Watermael-Boisfort (Bruxelles), pour une journée de rencontre et d’échanges avec le public, sous l’égide de notre confrère, le critique de cinéma Olivier Lecomte. Cet événement s’inscrit dans le cycle consacré par ce dernier au mythique réalisateur Luis Buñuel.

Quel meilleur interlocuteur et témoin que Jean-Claude Carrière, qui collabora dix-neuf ans durant avec le réalisateur de "L’âge d’or", cosignant les scénarios de six films, dont "Le journal d’une femme de chambre" (1965), "Belle de jour" (1967) et "Cet obscur objet du désir" (1977). En 2011, le scénariste nous avait reçu dans son appartement, dans une charmante arrière-cour parisienne, où il nous avait longuement parlé de sa collaboration avec Buñuel.

Jean-Claude Carrière a rencontré Luis Buñuel à 32 ans par l’intermédiaire du producteur Serge Silberman. Le scénariste venait de collaborer avec Jacques Tati et Pierre Etaix. La première question que le maître espagnol pose au jeune scénariste porte sur son goût du vin. "Quand je lui ai dit que mes parents étaient viticulteurs, ce fut le coup de foudre…"

Comment s’est construit la relation avec Luis Buñuel ?

Ma vraie difficulté, au début, fut d’oser lui dire "non". Après quelques jours de travail, il a demandé à Silberman de me demander d’oser lui dire non ! Après, les choses sont devenues plus équilibrées. Travailler avec lui c’était comme être sélectionné aux Jeux olympiques. Après notre première collaboration, "Le journal d’une femme de chambre", il a fait précisé dans ses contrats qu’il voulait travailler avec moi. C’était un beau cadeau. Le travail était toujours sérieux, dans des endroits solitaires et reculé, au Mexique ou en Espagne, pour arriver à une vraie concentration. J’avais juste le soir deux heures pour taper le scénario.