Cinéma

Le réalisateur et cinéaste Jean-Pierre Mocky était ce samedi sur le plateau d'On n'est pas couché afin de faire la promotion de son nouveau livre "Je vais encore me faire des amis!". Un ouvrage qui n'a jamais porté aussi bien son nom étant donné que le réalisateur d'Y a-t-il un Français dans la salle en profite pour tacler plusieurs de ses collègues. Atlantico.fr a compilé les meilleurs extraits.

"J'ai beau avoir commencé ma carrière de cinéaste il y a plus d’un demi-siècle, je m’estime moins bon que ceux qui m’ont inspiré. Et mes successeurs sont pires encore. Fritz Lang, Luis Buñuel et Orson Welles ont ouvert la voie. Godard, Chabrol et moi sommes arrivés derrière. Qui saura prendre le relais ? Aujourd’hui, il est de bon ton, chez les professionnels du milieu, de s’extasier devant des mélos aussi dégoulinants et surfaits qu’Amour, De rouille et d’os ou Le Gamin au vélo... Michael Haneke, Jacques Audiard et les frères Dardenne ont le don de me hérisser le poil. Non seulement ils n’ont rien inventé, mais ce sont des emmerdeurs opportunistes.

"Si j'avais été calculateur j'aurais pu épouser une femme pleine aux as"

S'il est très critique avec ses collègues, l'homme l'est également envers lui-même puisqu'il estime avoir "raté sa carrière". "Mon grand regret, c’est de n’avoir jamais trouvé mon alter ego. Mon inspirateur, ma muse. Quelqu’un qui galvanise ma créativité et m’aide à tirer le meilleur de moi-même, en dépit des obstacles et des ratages. Quelqu’un avec qui je forme un vrai tandem, comme autrefois Jean Marais et Jean Cocteau. Grâce au soutien constant de leurs femmes, de nombreux cinéastes, de René Clair à Jean-Jacques Annaud, en passant par Costa-Gavras et Philippe de Broca, ont pu donner toute la mesure de leur talent. Cela m’a manqué. Évidemment, si j’avais été calculateur, j’aurais pu, dans la perspective d’un juteux partenariat financier, épouser une femme pleine aux as ou m’acoquiner avec un gros nabab en multipliant les ronds de jambe. Hélas (ou pas), ce n’est pas dans ma nature !"

Force est de constater que le cinéaste n'a pas sa langue dans sa poche.