Cinéma

Réalisation: Thierry Klifa. Scénario: T. Klifa, Christopher Thompson. Image: Pierre Aïm. Décors: Louise Marzaroli. Costumes: Valérie D'Alincourt. Musique: David Moreau. Montage: Luc Barnier. Avec Nathalie Baye, Géraldine Pailhas, Patrick Bruel, Anouk Grinberg... 1h45.

Le hasard est malicieux! Dans un château à mariages où se déroulent plusieurs fêtes, Alex (Bruel) croise Jeanne (Baye), celle qui lui a brisé le coeur en disparaissant sans laisser d'adresse voici 12 ans.

C'est le choc pour ce patron d'un restaurant parisien. D'une part, les cendres de ce grand amour se remettent aussitôt à rougeoyer et de l'autre, il enclenche le turbo dans sa relation avec Claire (Pailhas), passant du flou à mariage et bébé dans l'année. C'est comme s'il organisait un match entre les deux femmes dont il serait le saladier comme à Roland-Garros. La partie est serrée. Jeanne a d'abord l'avantage, ils ont des choses à se raconter, mais Claire contre-attaque avec une grossesse.

BRUEL EN SALADIER

Le problème, c'est que le spectateur ne voit pas le film que pense avoir tourné le réalisateur. Certes, la partie est indécise, mais monotone, c'est Lendl en fond de court. Et la question n'est pas «Est-ce la mûre ou la jeune qui va gagner?» mais bien «Qu'est-ce que ces deux femmes superbes peuvent bien trouver à Alex?».

C'est que, d'une part, le capital charme de Bruel connaît un fâcheux empâtement et de l'autre, son personnage est inconsistant. On ne croit à aucun des deux couples. Empoigner un sujet aussi bateau - homme hésitant entre deux femmes - n'a de sens que d'un angle insolite ou d'un point de vue formel fort. Or le traitement du thème est métronomique et la réalisation, niveau sitcom.

Il est pour le moins troublant de voir le réalisateur Thierry Klifa accumuler poncifs et clichés qu'il avait à coeur de dénoncer tout au long de ses critiques dans «Studio». Certes, on voit qu'il a voulu faire du Sautet, une sorte de «César et Rosalie» inversé, mais même la direction d'acteurs laisse à désirer. Le casting masculin essentiellement. Car Danielle Darrieux est épatante, Anouk Grinberg cassante, Géraldine Pailhas rayonnante, Nathalie Baye vibrante: toutes parviennent à faire exister un peu des figures superficiellement esquissées. En pure perte, tout ce qu'on retiendra, c'est la jolie jupe à pois de Nathalie Baye.

© La Libre Belgique 2004