Cinéma

Et un, deux, trois, quatre ! Et on tourne ! En avant, en arrière " C’était l’ambiance Saint-Tropez, à Bruxelles, mardi après-midi. Pas parce que le soleil de mars réchauffait les abords de la Grand-Place. Mais parce qu’à un jet de pierre, le décor du Monte Cristo, bar connu des noctambules, était métamorphosé : passant un rideau de feutre noir, on voyageait dans le temps pour revenir en 1960, au Papagayo, la boîte de nuit tropézienne : murs et colonnes tapissés de bambous, faux palmiers et cocktails. Cette année-là, sur la piste enfumée, le jeune Claude François se fait de l’argent de poche en apprenant à un groupe de danseurs des pas de hully-gully. Chemise blanche immaculée et pantalon cigarette gris, Jérémie Renier est à fond dans le rôle. Quand le mot "moteur" retentit, son visage change imperceptiblement : Claude François revit, devant nous. "Cloclo", le film, en est à son deuxième jour de tournage, sur les cinq semaines prévues en Belgique. Douze autres suivront en France, à Monaco et au Maroc pour cette biographie réalisée sous l’égide des fils du chanteur, Claude et Marc.

Le réalisateur Florent Emilio Siri ("Nid de guêpes", "L’Ennemi intime") travaille la scène du Papagayo en collaboration étroite avec Michael Ressiga, le chorégraphe - qui, on s’en doute, aura fort à faire sur cette production avec son épouse Mya Frye (qui interprétera une des Claudettes). La veille, l’équipe a mis en boîte les premières images au Théâtre Saint-Michel, à Etterbeek, qui servait de doublure à l’Olympia. Le temps d’une journée, six cents figurants - dont l’enthousiasme a sidéré le réalisateur - ont reproduit l’hystérie d’un concert de Johnny Hallyday, auquel le jeune Claude François avait assisté. Parmi les "sosies" présents, il y avait aussi une France Gall et un Bruno Coquatrix, grand patron de la salle parisienne.

"Ce sera un des cinq blockbusters de 2012", assure sans détour Claude François Junior, producteur du film. Pour Jérémie Renier, interpréter Cloclo est une vieille promesse. Le projet remonte à 2002, comme le rappelle Claude Jr : "Antoine De Caunes était venu me trouver avec l’idée de réaliser un biopic sur mon père. Je n’étais pas contre, mais je lui avais dit qu’à mon avis l’élément déterminant serait l’acteur qui l’incarnerait. Il m’a parlé d’un jeune acteur belge qui était en train de monter, et dont la ressemblance avec mon père était troublante. Je ne connaissais pas Jérémie. J’ai vu un de ses films et j’ai tout de suite été convaincu." La rumeur commence à l’époque à circuler autour du projet. Jérémie Renier lui-même l’évoque parfois au détour d’une conversation. Mais l’adaptation de "Podium" de Yann Moix passe par là. "Quand le scénario de "Podium" est arrivé sur notre bureau, mon frère et moi on s’est dit qu’un film sur la vie de notre père pouvait encore attendre, alors que ce projet-là, il ne fallait pas le laisser attendre." Mais sept ans après "Podium", voici donc "Cloclo" en train de se concrétiser. D’un budget de 20 millions d’euros, le film est coproduit en Belgique par Flèche Productions (Claude François Junior), avec de l’apport tax shelter (via la société uMedia Family). La production exécutive est assurée par Nexus Production.