Cinéma Un film de science-fiction basique dans l’Amérique post-Trump.

Los Angeles 2028. Alors que la police a été confiée à des compagnies privées, une gigantesque émeute éclate dans les rues de Downtown. La population réclame simplement de l’eau gratuite. Clearwater, multinationale qui a obtenu la privatisation de la distribution d’eau, a en effet décidé de couper le robinet. Alors que L.A. est à feu et à sang, la soirée s’annonce longue pour Jean Thomas (Jodie Foster). Depuis 22 ans, cette petite dame dirige l’hôtel Artemis, un hôpital clandestin réservé à ses seuls membres, tous criminels endurcis.

Ce soir-là, débarquent un cambrioleur (Sterling K. Brown) et son frère, un trafiquant d’armes (Charlie Day) et une sculpturale tueuse à gages (Sofia Boutella). Tandis qu’est bientôt attendu le Wolf (Jeff Goldblum), l’homme qui règne d’une main de fer sur Los Angeles. Armée de sa tablette numérique et de sa trousse médicale, aidée par son fidèle assistant Everest (Dave Bautista), Nurse Jean trottine d’un patient à l’autre, tandis qu’à l’extérieur, la tension grimpe…


A voir évoluer ces personnages super typés, des quasi super-héros (dont une impressionnante ninja parisienne ou une montagne de muscles invincible), on pourrait penser qu’"Hotel Artemis" est tiré d’un comics. Il n’en est rien. Quoique… Il s’agit en effet du premier long métrage de Drew Pearce, le scénariste du dernier "Mission Impossible" en 2015 mais aussi d’"Iron Man 3" en 2013.

Habitué des univers de science-fiction, le bonhomme opte ici pour une esthétique classiquement rétro-futuriste, façon "Brazil". Ce qui frappe surtout dans son "Hotel Artemis", c’est le portrait qu’il dresse du futur de l’Amérique. Le film se situe en 2028, dans dix ans seulement. Soit après deux mandats de Donald Trump. Comme si tout allait s’accélérer dans la société américaine, gangrenée par les privatisations à tout-va et menacée par l’effondrement. Où seuls ne pourront s’en sortir que les ultra-riches et les criminels, qui ont ici tendance à se confondre. Et, ironiquement, le seul lieu sûr semble désormais être au Mexique… derrière le Mur.

Si le contenu politique est plutôt amusant, "Hotel Artemis" se résume ceci dit pour le reste à un film de baston assez basique et plutôt bourrin. Tandis que l’intrigue tourne un peu trop rapidement autour d’un classique trauma, celui de cette brave infirmière dont le fils est mort d’une overdose avant qu’elle n’ouvre sa clinique pour criminels. Un argument inutile, tout droit tiré d’un manuel de scénariste pour approdondir la psychologie d’un personnage, qui ralentit sans cesse l’action…

Scénario & réalisation : Drew Pearce. Photographie : Chung-hoon Chung. Musique : Cliff Martinez. Avec Jodie Foster, Sofia Boutella, Dave Bautista, Jeff Goldblum… 1 h 33.

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