Cinéma John McClane est arrivé troisième dans notre sondage sur vos héros ciné et télé favoris sur LaLibre.be. La suite du classement, mercredi prochain.

C’est l’histoire d’un mec qui a peur de l’avion. Jusque-là, rien de folichon, et sûrement pas de quoi faire cinq films d’action à Hollywood (la série des "Die Hard"), et un numéro 6 en préparation.

Eh bien si, car ce qui plaît, chez John McClane, c’est son côté héros sans être super-héros. Son côté chevalier qui boite. Le héros à échelle humaine : il y a un peu de nous en John… (Bien qu’en réalité John est différent, il use d’une mitraillette avec facilité et pas nous).

John McClane, c’est le héros de "Piège de Cristal" ("Die Hard 1") avec lequel s’entame la série en 1988. Et Dieu sait s’il n’est pas simple au réalisateur John McTiernan de trouver l’homme qui va incarner son flic mal élevé, qui doit - avant de sauver le monde ("Die Hard 4 et 5") et New York ("Die Hard 3") - sauver la tour du Nakatomi Plaza, à L.A. Enfin, il sauve la tour, il faut le dire vite… Il restera la moitié du gratte-ciel à la fin du film, et le gars qui a explosé les open spaces, c’est Bruce Willis, alias McClane.

A cette époque, Bruce Willis a encore des cheveux et est surtout connu pour ses rôles dans les séries B. Comme presque tous les acteurs en vogue refusent le rôle de flic casse-cou, c’est Bruce Willis qui a passé le singlet de McClane. Non pas une chemise, mais un marcel pour tout costume de héros - et pourtant il la mouillerait sa chemise, le John, car le héros de "Die Hard" se donne. Sans jamais réfléchir trop longtemps cependant - il n’a pas le temps. Quand ce n’est pas une grenade qui le met sur un siège éjectable, c’est une école de Harlem qui va sauter avec tous les petits gosses dedans.

A sa décharge, il se retrouve souvent au cœur d’un drame à l’insu de son plein gré. C’est comme ça qu’il passe les 138 minutes du premier opus sans godasses. Et pour cause : son voisin dans l’avion, qui l’a vu un peu tendu, lui a conseillé de se détendre les orteils. Et c’est ainsi que quand le groupe des méchants allemands dirigé par Hans Gruber (le Britannique Alan Rickman) arrive pour spolier les biens de Mister Capitalisme, le bon John est pieds nus et en bras de chemise.

La suite des épisodes de "Die Hard" prouvera que John agit mieux quand il a peu de matos à sa dispo. Pour mémoire, il fait du rappel dans une cage d’ascenseur avec la dragonne d’une kalachnikov, ou il saute d’un toit avec un tuyau de lutte anti-incendie.

Avec l’âge, on verra John confronté à la technologie (qu’il cabosse sans se gêner). Dans "Die Hard 4", il stoppe un hélico en y projetant une voiture de police. Quoi ?… "Y’avait plus de balle dans l’chargeur…" répond-il goguenard. John McClane, décidément, ne s’assagit pas, et continue de ponctuer les coups qu’il assène aux voleurs de son cri de cowboy qu’on traduira ici d’un "youpi tralala" édulcoré, puisque la violence de la V.O. n’est pas autorisée.Aurore Vaucelle