Cinéma

En 1995, Robin Williams s’invitait à Branfordt pour une partie endiablée de Jumanji, jeu maudit réveillé par deux orphelins, qui faisaient débarquer dans cette petite ville tranquille du New Hampshire insectes, singes et autres bébêtes sauvages. De l’adaptation du livre pour enfants de Chris Van Allsburg signée Joe Johnston, il ne reste dans cette suite que l’idée de base d’un jeu hanté. Cette nouvelle production se propose en effet de moderniser l’histoire mais aussi d’en inverser le principe. Ce n’est donc plus le jeu qui s’invite dans la vie des personnages mais bien ceux-ci qui sont ici intégrés dans celui-ci. Le prologue nous apprend en effet que la boîte de Jumanji s’est transformée en cartouche de jeu vidéo…

Collés pour mauvais comportement, Bethany, Martha, Spencer et Fridge n’ont absolument rien en commun. La première est la bimbo accro à son portable, autour de laquelle tournent tous les garçons au lycée. La deuxième est l’intello coincée, qui méprise le cours de gym. Le troisième est le prototype du binoclard, maladroit et timide. Tandis que le dernier est le grand sportif. Bref, tous les types du film adolescent américain réunis façon “Breakfast Club”. Sauf que, tombant sur une vieille console de jeux dans la salle de retenue, ils débutent une partie de Jumanji. C’est l’erreur bête ! Les voilà aspirés dans le jeu et dans la jungle. Où ils découvrent que leur avatars sont très différents de qui ils sont dans la réalité…

Signée Jake Kasdan (le fils de Lawrence, à qui l’on doit, entre autres, “Bad Teacher” et “Sex Tape”), cette suite, vingt-sept ans plus tard, joue à fond sur cette distorsion grâce à la complicité de ses acteurs. Dwayne Johnson est toujours aussi mauvais, mais difficile de ne pas sourire de voir ainsi “The Rock” jouer les nerds étonnés de se découvrir d’énormes pectoraux. Idem pour Jack Black, savoureux dans le rôle de la reine du bal transformée en quadragénaire bedonnant.

Pour le reste, “Jumanji” se contente du strict minimum de façon plutôt correcte, avec même quelques chouettes trouvailles. Le scénario est en effet entièrement construit comme celui d’un jeu vidéo, avec ses niveaux successifs, ses personnages non joueurs aux dialogues stéréotypés et ses paysages de jungle plus faux que nature… En tout cas, ça marche. Le film fait en effet un carton au box-office aux Etats-Unis et en France.


© IPM
Réalisation : Jake Kasdan. Scénario : Zach Helm, Chris McKenna, Jeff Pinkner, Scott Rosenberg & Erik Sommers. Photographie : Gyula Pados. Musique : Henry Jackman. Montage : Steve Edwards. Avec Dwayne Johnson, Jack Black, Karen Gillan, Kevin Hart… 1 h 59.