Cinéma On est reparti pour un tour en compagnie, cette fois, de l’homme qui murmure à la mâchoire des raptors.

Vingt ans après "Jurassic Park", on repart pour un tour. En gros le même tour, d’ailleurs. Il y a bien quelques petits changements. On a refait le logo mais ce sont toujours deux enfants qui conduisent le récit. Des garçons cette fois car le personnage féminin est monté en grade, prenant la place du légendaire Pr Hammond, l’initiateur du parc jurassique. La cupidité scientifique reste intacte. Désormais, on manipule génétiquement pour créer de nouveaux dinosaures, de plus en plus féroces. Et bien sûr, le nouveau modèle à 88 dents va s’échapper de son enclos.

La cupidité cinématographique n’est pas en reste, non plus, le seul dessein de "Jurassic World" est de refaire passer les fans à la caisse, avec un supplément 3D totalement superflu. De la matrice créée par Spielberg, il ne reste qu’une poussive copie carbone (14). Plus la moindre trace de poésie paléontologique, pas un gramme d’émerveillement, pas même un soupçon de suspense. L’anonyme Colin Trevorrow, le préposé à la fabrication du produit, est du genre marionnettiste, on voit toutes ses ficelles. On ne s’est même donné la peine de prendre en compte la découverte majeure dans le domaine : les dinosaures avaient des plumes. Il est vrai que cela ne changerait rien à la vie du héros, appelons le Ken, l’homme qui murmure à la mâchoire des raptors et qui est toujours sur les talons (12 cm) de sa Barbie rousse.

En fait, "Jurassic World" frise très souvent la comédie involontaire. Elle aurait pu être grinçante et métaphorique si la production n’était pas passée à côté d’une idée en "aure" . Pour faire encore plus pognon, un responsable du marketing propose de baptiser les nouveaux dinosaures du nom de son sponsor commercial. Imaginez le Monsantosaure, l’herbe ne repousse plus après son passage ! Ou le Qatarus Rex qui se nourrit exclusivement de viande humaine népalaise grillée. Les Ryanairosaures, nouvelle race de ptérodactyles très agressive sur les prix. A l’écran, on aperçoit clairement le Mercedesaure et le Hasbrosaure dont le placement de produits est remarquable. Ceci dit, en toute franchise.


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 Réalisation : Colin Trevorrow. Avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard… 2h04.