Cinéma

Katie says Goodbye", voila un titre qui n’aide pas car il prive le film de tout suspense. Quand Katie va-t-elle quitter ce trou perdu ? Quand va-t-elle déserter cette vie de brave petit soldat qu’elle endure avec un sourire désarçonnant ?

Le salaire et les pourboires de serveuse dans un "diner" au milieu de nulle part ne suffisent pas à Katie pour payer le loyer du trailer qu’elle partage avec sa mère à la masse. Alors, elle fait une pipe avec le policier par-ci, une passe avec un camionneur par-là, toujours avec une insouciance, une candeur, disons… démoralisante.


Elle entasse ainsi méticuleusement les dollars dans une boîte à chaussures, histoire de ne pas laisser sa mère sans rien quand elle partira. Sa naïveté est touchante, elle croit au coup de foudre, en l’occurrence pour un beau mécanicien tatoué et taciturne, fraîchement sorti de prison. La suite, on la devine bien glauque, tout s’enchaînera comme prévu, chaque personnage ayant la tête de l’emploi.

Tous, sauf Olivia Cooke dont le visage diffuse une humanité, une bonté, une innocence, voire une pureté à toute épreuve. Elle donne du relief à cet archétype fossilisé du film indépendant américain, d’ailleurs impossible à dater. Wayne Roberts l’a-t-il tourné l’an dernier ou il y a 20 ans ? Les présences de Mary Steenburgen et James Belushi ne sont d’aucun secours, seule celle d’Olivia Cooke, la révélation de "Ready Player One", constitue un repère. Spielberg avait eu le coup de foudre en la découvrant dans ce film… de 2016.

Réalisation, scénario : Wayne Roberts. Avec Olivia Cooke, Mary Steenburgen, James Belushi… 1h 28

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