Kim Ki-duk, Grand Prix de l'UCC

A.Lo. Publié le - Mis à jour le

Cinéma

Point d'orgue belge de l'année cinéma, le déjeuner annuel de l'Union de la Critique de Cinéma (UCC) s'est tenu samedi à Bruxelles pour élire son Grand Prix 2005 parmi les films sortis sur les écrans belges au cours de l'année écoulée. Cinq oeuvres concourraient au terme d'une présélection opérée fin décembre. Restait à les départager après la «défense» des finalistes par un quintet de confrères.

Mises en bouche

Julien Broquet («Le Soir») a mis en avant «la relecture critique de l'Amérique» contenue dans «A History of Violence» de David Cronenberg. Pour Gorik de Henau de «Film/TV/DVD», «Bin Jip» («Locataires») du Sud-Coréen Kim Ki-duk valait l'attention de l'assemblée parce que «le silence de ses protagonistes (NdlR: les deux héros du film ne prononcent qu'une parole de tout le film) critique la société moderne» et pour «sa mise en scène limpide comme de l'eau claire». Détournant les conventions, Steven Tuffin («Gazet van Antwerpen», «Het Belang van Limburg») s'est fendu d'un monologue préenregistré sur fond musical pour vanter les louanges de «Three burials of Melquiades Estrada», le «western contemporain», «combinaison de l'humour morbide de Sam Peckinpah et du regard tragique sur le monde de Clint Eastwood», qui a marqué le passage de l'acteur Tommy Lee Jones derrière la caméra. Steven De Foer («De Standaard»), après un début en chanson, a vanté les mérites de «Mar Adentro» d'Alejandro Amenbar, que notre confrère a comparé au «Dictateur» de Chaplin pour le rôle qu'il a joué dans la relance du débat autour du droit à l'euthanasie en Espagne. Enfin, Olivier Clinckart de «Grand Angle» a souligné «l'excellent cru» qu'a représenté «Sideways» d'Alexander Payne, road movie des années 2000 sur la route du vin californien.

Plat de résistance

Passées ces mises en bouche, les quelque trente critiques présents passèrent au plat de résistance, soit les votes, parsemés d'intervention et plaidoyers divers, tantôt cocasses - le plus souvent à l'initiative du sémillant Chris Craps («Het Belang van Limburg») - tantôt gentiment provocateurs tel Christian Collin («Grand Angle») invitant à «rendre hommage à «Mar Adentro» en l'euthanasiant.»

Trois petits tours de chauffe et deux votes éliminatoires plus tard, «Bin Jip» s'imposait en tête liste (12 voix) avec «History of Violence» (6 voix) et «Three Burials...» (9 voix) comme outsiders. Pour reprendre l'expression de Louis Danvers («Le Vif»), le débat consista rapidement à départager le représentant du «Far East» du nouveau chantre du «Far West» : l'aérien Kim Ki-duk ou le néo-classicisme de Tommy Lee Jones? Le premier l'aura in fine largement emporté avec 19 suffrages, devenant, fait remarquable, le troisième réalisateur sud-coréen plébiscité en quatre ans par l'UCC, après Im Kwon-taek (pour «Ivre de femme et de peinture» en 2002) et Park Chan-wook (pour «Old Boy» en 2004).

«Bin Jip» (Locataires) vient de sortir en DVD chez CinéArt.

© La Libre Belgique 2006

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