Cinéma Guy Ritchie impose une modernisation forcée à la matière de Bretagne.

Décidément, Guy Ritchie ne nous épargnera rien ! On y avait cru pourtant à la fin des années 90 avec deux bons petits polars british comme on les aime : "Arnaques, crimes et botanique" et "Snatch". Depuis le pathétique "A la dérive" avec sa femme de l’époque, Madonna, en 2002, le réalisateur enchaîne pourtant les daubes de compétition. Après avoir fait se retourner dans sa tombe le pauvre Conan Doyle avec ses deux "Sherlock Holmes" (et on craint un troisième…), voilà qu’il applique la même recette "pop" au cycle arthurien.

Et une fois encore, le cinéaste met les deux pieds bien dans le plat quand il s’agit de "moderniser" son sujet. Que les amoureux de Marie de France ou Jean Froissart passent leur chemin. Nulle place ici pour la poésie ou l’amour courtois (les femmes sont tout sauf des dames, plutôt des potiches) ! Ritchie tire la légende arthurienne vers l’heroic fantasy, cherchant sans vergogne à coller au succès de la série "Game of Thrones". Chrétien de Troyes aurait bien du mal à retrouver ses petits, tant les personnages du roi Arthur, d’Uther Pendragon ou de Perceval ne se ressemblent pas.

Le film s’ouvre ainsi sur une scène de bataille façon "Seigneur des Anneaux" totalement ridicule, avec d’improbables éléphants géants attaquant Camelot, avant un combat à mort entre le mage Mordred et Uther (Eric Bana). Lequel doit laisser son trône à son frère, le maléfique Vortigern (Jude Law), et abandonner son fils Arthur dans une barque. L’enfant est récupéré par des prostituées de Londinium (la Londres antique). Devenu grand et un peu mafieux sur les bords, Arthur (Charlie Hunnam, tout en muscles) parvient à retirer Excalibur de son rocher. Aidé de sire Bédivère (Djimon Hounsou) et de sa troupe, il va dès lors tenter de récupérer son trône. Durant les deux heures les plus laides, confuses et stupides qu’il nous ait été donné à voir depuis bien longtemps !


© IPM
Réalisation : Guy Ritchie. Scénario : Joby Harold, Guy Ritchie & Lionel Wigram. Photographie : John Mathieson. Avec Charlie Hunnam, Jude Law… 2 h 06.