Cinéma

Dans le fin fond du Michigan, Shawn décide, pour toucher l’assurance-vie de son père alcoolique qui vient de mourir d’un accident de travail, de réclamer la garde de Julie, sa petite sœur de 7 ans. Ce qui ne semble pas emballer sa tante qui estime qu’elle prendra mieux soin de la gamine que lui. Pour trancher, ils sont prêts à aller jusqu’au procès. Si les motivations de Shawn, jeune homme de 19 ans insensible, abruti de télé et de jeux vidéo, sont d’abord très intéressées, celui-ci va peu à peu ouvrir son cœur. Et lui qui n’en avait à peu près rien à fiche de sa famille dégénérée, va s’attacher malgré lui à cette sœur qu’il apprend à connaître

Le Belge Vincent Lannoo aime l’artifice, le théâtre, le jeu. Depuis le faux documentaire "Strass" en 2001 (seul film belge étiqueté "Dogma") et même son court "J’adore le cinéma" avec Olivier Gourmet en 1998, le rapport à la fiction, les références, les codes sont au cœur de ses films, un peu bricolés, mais attachants. Du thriller revisité ("Ordinary Man") au film de vampires tourné comme un reportage ("Vampires"). Avec "Little Glory", il aborde un autre genre, sans doute plus inattendu, mais un genre quand même : le film indépendant américain. Quitte à se renier quelque peu

Dans ce drame intimiste, pas question, en effet, de second degré ou d’une quelconque trace d’humour : on est dans du sérieux, du drama, du pathos pur jus ! C’est sans doute cette cruelle absence de distance qui rend le projet un peu vain. Se contentant d’appliquer une recette, "Little Glory" apparaît comme une copie, bien torchée il est vrai (notamment grâce à l’image léchée de Vincent van Gelder qui collabore depuis longtemps avec Lannoo), d’un certain cinéma américain. On ne sent, en effet, aucune urgence à raconter cette histoire. Ce qui transparaît, c’est plutôt la satisfaction d’un désir : vivre son rêve américain en réalisant un film de l’autre côté de l’Atlantique (le tournage a eu lieu au Canada ). Le résultat fait forcément un peu toc, tandis que les acteurs, pas tous très bons, sonnent un peu faux. Même le jeune Cameron Bright, vu pourtant en vampire dans la saga "Twilight" et, avant cela, dans "Juno" ou "Thank You for Smoking".

Thématiquement assez convenu, pour ne pas dire déjà vu, plombé par la banalité absolue de ses dialogues, "Little Glory" est une déception. Un beau jouet d’une bande d’enfants gâtés réalisant un rêve de gosses. En cela, ils ne sont pas très éloignés de leur personnage

Réalisation : Vincent Lannoo. Scénario : John Engel, François Verjans. Avec Cameron Bright, Isabella Blake-Thomas, Hannah Murray, Astrid Whettnall 1h43.