Cinéma

Avec "The Lost City of Z", James Gray signe un film d'aventures mystérieux au fond de l'Amazonie. Il retrace le destin de l'explorateur britannique Percy Fawcett, fasciné par la culture amazonienne. Et rend hommage à ses héros de cinéma, Francis Ford Coppola et Werner Herzog.

The Lost City of Z" est un aboutissement pour James Gray. Ce film, l’auteur de "The Yards", "We Own the Night" et "Two Lovers" tentait de le monter depuis 2009, juste après la parution du roman "La cité perdue de Z". A la lecture de l’ouvrage de David Grann, le cinéaste américain trouve le matériel pour réaliser enfin le grand film d’aventures dont il rêvait. Ce grand cinéphile devra pourtant attendre l’été 2015 pour pouvoir commencer à tourner. Entre-temps, il aura perdu deux acteurs : Brad Pitt (resté producteur du film) puis l’Anglais Benedict Cumberbatch, qui a cédé sa place au débotté à Charlie Hunnam.

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Un tournage dans la forêt amazonienne

Les scènes les plus exotiques de "The Lost City of Z" ont été filmées in situ, dans la jungle amazonienne, non pas à la frontière entre la Bolivie et le Brésil, où prend place l’histoire, mais en Colombie, dans la région de Santa Martha. Le tournage a forcément été très éprouvant, mais Gray refuse de jouer la carte "Oh mon Dieu que c’était dur""Je n’ai pas envie qu’on aime mon film parce qu’il a été difficile à faire. Et puis il y a tant de gens dans le monde qui font des choses difficiles que se plaindre de devoir faire un film est un peu indécent, surtout quand tout le monde est là pour se mettre au service de votre rêve… Il fait 38° C, avec 100 % d’humidité, des insectes, des crocodiles, des serpents, des araignées… C’est physiquement difficile. Quand je suis rentré, totalement défait, j’ai dit à ma femme que j’avais vécu un enfer mais que d’un autre côté, c’était très gratifiant d’avoir pu rendre hommage à certains de mes héros, à des films que j’ai aimés quand j’étais jeune", explique le cinéaste de 48 ans.

L’ombre de Coppola et d’Herzog

Face à "The Lost City of Z", impossible en effet de ne pas faire le parallèle avec les folles aventures amazoniennes de Werner Herzog et Klaus Kinski sur les tournages d’"Aguirre, la colère de Dieu" (1972) et de "Fitzcarraldo" (1982). "‘Aguirre’ est un vraiment un très grand film. Et, bien sûr, j’adore aussi ‘Apocalypse Now’ de Coppola, qui se déroule dans un autre environnement géographique, mais assez proche sur le plan des difficultés de production. J’ai ressenti beaucoup de pression à l’idée de ne pas répéter ce que Francis et Werner avaient déjà fait. J’ai donc essayé d’aller vers autre chose, confie James Gray. C’est cela qui est génial quand vous avez la chance de faire du cinéma : vous pouvez plagier vos héros tout en faisant entendre votre propre voix..."