Cinéma Une comédie d’espionnage sur le modèle de la "Panthère rose".

Pour ceux qui auraient un doute, les quelques notes de Henry Mancini sont bien un hommage à Blake Edwards, à Peter Sellers et à leur fameuse "Panthère rose". "L’espion qui m’a larguée" s’inscrit dans cette veine humoristique où l’on trouve également la série des "Y-a-t-il un flic dans l’avion" pilotée par le fameux trio ZAZ (Zucker-Abrahams-Zucker) avec l’imperturbable Leslie Nielsen en Frank Drebin, le flic le plus nul depuis l’inspecteur Clouseau. Ce qui distingue ce film de ses prédécesseurs est annoncé dans le titre. On a quitté le monde des policiers pour celui des espions et le rôle principal est tenu par une femme. 

En fait, deux. Mila Kunis prend en charge la partie naïve, limite bas plafond - disons que les processeurs amenant l’info au cerveau ne sont pas de la dernière génération. Et l’autre, Kate McKinnon, s’érige en championne de la gaffe. Si Mila Kunis s’essaie à la comédie en toute modestie, ce n’est pas le cas de sa partenaire, Kate McKinnon, bien connue des fans de la version féminine de "Ghostbusters" mais guère au-delà. Elle en fait des caisses, des tonnes, des containers. Avant d’être actrice, c’est sûr, elle était déménageuse.


"Lorsque vous interprétez un rôle comique, vous devez être un peu plus sérieux que lorsque vous interprétez un rôle dramatique", disait Lee Strasberg. Si Sellers et Nielsen appliquaient la méthode; Kate McKinnon fait plutôt n’importe quoi, et même du grand n’importe quoi et, bien sûr, ça ne fonctionne pas. La production a beau jeter le pognon dans des décors à Vienne, Prague ou Berlin, multiplier les scènes de cascade, ça ne prend pas. Retenez le nom de la réalisatrice, Susanna Fogel. Ça peut servir si on veut éviter de perdre son temps et son argent. Ça vaut toujours la peine de regarder les génériques au préalable. Avec Kev Adams dans un 3e rôle, on savait qu’il y aurait de la daube dans l’air.

Réalisation : Susanna Fogel. Scénario : Susanna Fogel&David Iserson. Avec Mila Kunis, Kate McKinnon, Justin Theroux… 1h56.

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