Cinéma Le best-seller "L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea" est devenu un film.

"L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea" de Romain Puertolas, Ken Scott ne s’est pas contenté de prendre ce succès de librairie dans une étagère FÖLJSAM, de se caler dans un divan YPPERLIG, il s’est lancé dans son adaptation à l’écran.

Le premier et unique livre d’Aja, un petit garçon de Mumbai, est un catalogue Ikea. Un sacré loustic, cet Aja, obsédé par la multinationale suédoise et son père qu’il ne connaît pas. Chaque fois que sa maman croise un homme, il lui demande : "c’est lui mon papa ?" Pour le faire taire, elle lui promet de l’emmener un jour à Paris.

Là, on survole quelques chapitres, pour arriver tout de suite à Roissy. Au chauffeur de taxi qui l’arnarque, il ne demande pas à être conduit à la Tour Eiffel, place de la Concorde ou au Stade de France mais dans un magasin Ikea. Et au contact de la troisième dimension, il est saisi d’un délire sympathique, s’adressant à une cliente comme s’ils formaient un couple. Passé le moment de surprise, elle s’amuse, nous aussi, à tester le mobilier. Au terme d’une scène irrésistible, ils se donnent rendez-vous le lendemain à la tour Eiffel. Comme il n’a pas d’argent, il se cache dans une armoire Ikea pour la nuit. Elle n’est pas aussi confortable qu’un lit SNORGPLUKT mais c’est suffisant pour se réveiller quelques heures plus tard dans un camion rempli de clandestins en route vers l’Angleterre.

Là, le récit prend une tournure qui ne devrait pas faire rire. Les histoires de migrants, c’est pas drôle mais la politique migratoire est tellement absurde, que l’auteur a décidé d’en rire. Même de faire chanter les douaniers. Un petit clin d’œil à Bollywood, probablement.

Pour en sortir, Aja soigne son karma et il a raison. Quand il y pense, son histoire est dingue. Alors comme il n’a pas de papier, il l’écrit sur sa chemise. Comme un manche ? En tout cas, voilà un récit plein de couleurs, de cocasserie, de fantaisie, de pensées positives et de bons sentiments, un vrai feel good movie au curry.

C’est d’ailleurs sa spécialité au Québécois Ken Scott. Comment oublier son chevillard de Montréal, ce zélé donneur de sperme sous le pseudo de "Starbuck" qui se retrouvait père de 533 enfants. Le feel good movie, il sait le monter sans même regarder le mode d’emploi. Et avec un bon coup de main du sympathique Dhanush et de la dynamique Berenice Béjo, c’est même piece of cake.


© IPM
Réalisation : Ken Scott. Scénario : K. Scott, Luc Bossi, Romain Puertolas d’après son roman. Avec Dhanush, Erin Moriarty, Bérénice Bejon Gérard Jugnot… 1h32.