Cinéma Anna Kendrick face à Blake Lively dans un thriller atypique et rafraîchissant.

Stephanie (Anna Kendrick) est une blogueuse, férue de cuisine. Elle n’a pas beaucoup de followers, mais peu importe. Mère célibataire hyperactive, elle participe à tous les ateliers de l’école de son fils. Elle rencontre la mère d’un de ses camarades de classe, Emily Nelson (Blake Lively).

Élégante, sculpturale, indépendante et au franc-parler, cette responsable des relations publiques d’un styliste à la mode en impose. Dans le couple non fusionnel qu’elle forme avec Sean (Henry Golding), un écrivain auteur d’un seul succès devenu prof d’université, c’est elle qui porte - littéralement - la culotte et tient les cordons de la bourse.

Mais contre toute attente, Stephanie - qui porte un passé douloureux derrière son profil de mère souriante et équilibrée - et Emily se rapprochent et se confient l’une à l’autre autour de quelques vodka-Martini et sous le portrait géant d’une Emily en tenue d’Eve.


Rapidement, Stephanie en arrive à jouer la nounou pour le fils d’Emily au gré de "petits services" (les "simple favor" du titre original). Jusqu’au jour où Emily ne revient pas d’un voyage d’affaire et ne donne plus signe de vie, laissant Stephanie et Sean face à un mystère.

D’après un roman de Darcey Bell, Paul Feig, réalisateur du remake de Ghostbusters, réussit avec une mise en scène vive et une image policée un alliage rare : la rencontre de la comédie et du thriller. La première a le ton des films où l’on croise généralement Anna Kendrick. La deuxième la blondeur des femmes fatales d’antan, incarnée à la perfection par Blake Lively - trop belle, trop classe pour être tout à fait immaculée.

Le récit alterne les registres par petites touches et flash-backs, labyrinthe thématique et énigme à tiroirs, entre Le facteur sonne toujours deux fois et Gone Girl. L’intrigue déjoue les attentes et l’on s’amuse des références que le récit convoque (Stephanie croit un moment être "diaboliquée", en écho au film Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot). Et on passe du rire à la tension, du récit linéaire d’une amitié aux méandres d’une enquête qui révèle petit à petit les secrets des uns et des autres.

En bonus, les deux actrices, sans être dans la performance, donnent le meilleur d’elles-mêmes dans des rôles aux multiples composantes. La BO yéyé (Gainsbourg, Dutronc et Bardot en tête), joyeusement décalée, constitue l’ultime singularité d’une comédie néo-noire plutôt rafraîchissante.

Réalisation : Paul Feig. Scénario : Jessica Sharzer, d’après le roman Disparue de Darcey Bell. Photographie : John Schwartzman. Avec Anna Kendrick, Black Lively, Henry Golding,… 1h57.