Cinéma Quand un énorme succès du cinéma italien peut réconforter d’Ans à Uccle.

Si leur état de santé le permet, voila un film qui mettra du baume au cœur de Stéphane Moreau, d’Armand De Decker, d’André Gilles, de Claude Parmentier, d’Alain Mathot, des Donfut et tant d’autres de nos chers politiciens. Peut-être peuvent-ils aussi passer le ticket de cinéma en notes de frais.

"L’ora legale" se déroule en Sicile en pleine campagne électorale. A Pietrammare, petite ville portuaire engorgée par le trafic, les poubelles ne sont plus ramassées et l’usine pétrochimique se soulage dans la baie. Les citoyens enragent mais la réélection du bourgmestre est assurée, scrutin après scrutin. Jusqu’au jour où la brigade financière le met sur la touche, permettant à son rival de l’emporter.

Ayant fait campagne sur le changement, ce professeur intègre met aussitôt en pratique son programme en vidant la magnifique place de ses voitures, en instaurant le tri sélectif, en fermant l’usine polluante, en appliquant les règles d’urbanisme, etc. Il ne faut pas six mois pour que les habitants se soulèvent et réclament à cor et à cri le retour aux affaires de l’ancien maire, le rétablissement immédiat de la combinazione et du clientélisme.

De quoi inspirer au duo comique Ficarra et Picone, une grosse farce, bien observée mais un peu paresseuse, ce qui ne l’a pas empêchée de faire un triomphe en Italie.

Malgré un déficit côté rire, "L’ora legale" aura néanmoins le mérite de rassurer Elio et les Michel. Non seulement, l’électeur aura tout oublié de Publifin et du Kazakhgate en 2018, mais si on croit l’analyse de Ficarra et Picone, la période actuelle est juste un petit moment désagréable à passer. Au bout du compte (trafiqué), le citoyen préfère le politicien qui lui ressemble, on pourra continuer comme avant.


Réalisation, scénario : Ficarra e Picone. Avec Salvatore Ficarra, Valentino Picone, Leo Gullotta, Vincenzo Amato… 1 h 32.