Cinéma Dix ans plus tard, Dany Boon tente la saison 2 de "Bienvenue chez les Ch’tis". Mission accomplie, hein !

Bienvenue chez les Ch’tis", le retour. Il y a un peu de cela dans "La Ch’tite famille" et un peu des "Ch’tis à Paris", aussi.

C’est dans la ville lumière que vit Valentin D (Dany Boon), ce designer fameux en cover de Paris Match à l’occasion de sa grande rétrospective. Fort discret sur ses origines, l’homme se dit orphelin. Constance, sa femme, sa muse, son associée est sa seule famille.

En fait, il a coupé les ponts avec sa ch’tite famille de barakis qui lui faisait trop honte. Et voilà que sa mère, son frère et sa belle-sœur déboulent en plein vernissage. L’horreur, la panique, le chaos, et finalement l’accident. Valentin D est renversé par une voiture, transporté dans le coma à l’hôpital où il se réveille quelques jours plus tard… complètement ch’ti.

Comme s’il revenait à lui après son accident de motocyclette, il y a 25 ans. Sa vie entre 17 et 42 ans, il ne s’en souvient plus. Le trou noir, amnésie totale. Il a deux mois pour tout récupérer.

Vous n’aimiez pas "Bienvenue chez les Ch’tis", alors vous n’aimerez pas "La Ch’tite famille". Vous avez ri à "Bienvenue chez les Ch’tis", alors soyez rassuré, Dany Boon offre au spectateur exactement le film qu’il attend. On retend le même le ressort, mais la tension Nord - Sud est déplacée sur l’axe Paris - province. Le choc des accents est une source inépuisable de gags, de quiproquos et de malentendus.

La barrière de la langue, c’est quelque chose chez Dany Boon. A tel point, qu’il propose aux spectateurs qui ne sont pas du Noooord, quelques rudiments de Ch’ti. Il est toujours utile de savoir que le Ch’ti tourne avec deux voyelles - "O" et "I" - et ne s’embarrasse pas de conjugaison, d’ailleurs le subjonctif n’existe pas. Au choc linguistique et à celui des mentalités, s’ajoute encore le choc esthétique générant un running gag design et tout à fait hilarant.

Dany Boon ne craint pas d’y aller fort (comme le maroilles) avec une certaine lourdeur dans la caricature. Il sait que ses compatriotes lui pardonneront la vigueur de sa caricature car elle va droit au cœur. Chaleureuse, la comédie exploite l’émotion contenue dans chaque personnage et dans le thème : la honte de ses origines.

Toutefois, l’ingrédient essentiel de "La Ch’tite famille", celui qui rend le rire communicatif, ce sont ses acteurs, pas vraiment subtils mais efficaces. On connaît Dany Boon par cœur, Philippe Lecluyse est égal à lui-même, Valérie Bonneton en verve, Laurence Arné remplace Anne Marivin dans le rôle de la jolie blonde amoureuse d’un ch’ti au point d’apprendre sa langue.

Mais surtout, il y a Line Renaud dont on connaît l’abattage et qui libère ici son âme du nord.


© IPM
Réalisation : Dany Boon. Scénario : Dany Boon, Sarah Kaminsky. Avec Dany Boon, Laurence Arné, François Berléand, Guy Lecluyse, Line Renaud… 1h47