Cinéma

Cela fait 25 ans qu’Antonia Santiago Amador n’est plus montée sur scène. Dans les années 60 et 70, cette danseuse de flamenco barcelonaise, adorée de Dali, a pourtant été une star en Espagne et bien au-delà, ses tournées l’ayant menée de l’Argentine au Chili, des Etats-Unis au Japon, en passant par l’Australie. Cette gitane au sacré tempérament était notamment célèbre pour la rapidité de son zapateado, cette façon unique de danser en marquant le rythme avec le talon et la pointe des pieds grâce à des chaussures cloutées. A 70 ans, elle est invitée par le Teatre Nacional de Catalunya à Barcelone à se produire. Accompagnée de trois jeunes musiciens, elle dansera… assise.

Passionnée de flamenco, la Croate Lucija Stojevic a voulu rendre hommage à cette immense danseuse surnommée "la Chana". Elle la filme chez elle, dans son petit appartement, avec son mari, devant la télé, offrant d’elle un portrait d’autant plus pathétique qu’elle confronte l’image de cette vieille dame affaiblie à des archives où, jeune, elle enflammait les foules. Notamment aux côtés de Peter Sellers dans "The Bobo" de Robert Parrish en 1967.

Autant dire que la mise en scène, réduite au service minimum, n’aide pas vraiment à s’intéresser à ce personnage, dont la cinéaste ne parvient pas réellement à tirer la substantifique moelle… Sauf quand, à ses jeunes élèves, la Chana explique ce que représente le flamenco pour elle, comment elle dansait avec le compás (schéma rythmique de base du flamenco) ancré dans la tête. Et, surtout, comment elle s’abandonnait totalement à la danse, jusqu’à ce que son corps réponde directement à son âme…


© IPM
Réalisation : Lucija Stojevic. Photo- graphie : Samuel Navarrete. Musique : Ernesto Briceño. 1 h 23.