Cinéma

Etienne Chatiliez n’arrive plus à reproduire sa recette ! Pour la troisième fois, c’est à jeter.

Cinquante ans après avoir quitté la France et fait fortune en Nouvelle-Zélande, M. Charles est subitement étreint par un remords. Il veut retrouver sa sœur, orpheline comme la maladie qui le condamne à bref délai. Et de charger son majordome Baudouin - surnommé "L’endive" en raison de ses origines belges, une fois - de tout faire pour la retrouver en France.

Les moyens mis à disposition motivent un(e) notaire de la région natale du milliardaire à se lancer dans les recherches. Voire à les aider un peu. Faute de lui retrouver sa sœur, on lui invente une nièce avec toute une petite famille. Et tonton Charles de débarquer inopinément.

Mais qu’est-il arrivé à Chatiliez ? Il y a dix ans encore - c’était Tanguy - avec sa complice Florence Quentin (revenue bosser avec lui); il troussait comédie sur comédie irrésistible. Maintenant, il n’y arrive plus. Il est comme un cuisinier avec sa recette secrète. Il a tout le nécessaire, le scénario, les acteurs, etc., mais il n’a plus le tour, et c’est à gerber. Trois fois qu’il essaie. "La confiance règne", " Agathe Cléry" et, maintenant, "L’oncle Charles"; c’est immangeable. Dès la première scène, la première bouchée, on a envie de tout recracher. C’est un peu toujours la même histoire en orbite autour de la question de l’identité. "Oncle Charles" lorgne du côté du "Bonheur est dans le pré". D’ailleurs, on retrouve Eddy Mitchell. Autant, il fut grandiose avec Azema, autant, il joue comme une vieille carpette avec Alexandra Lamy. Elle n’a pas de chance, Mme Dujardin. Il fait peine à voir, le Schmoll. C’est bien là le problème, la direction d’acteurs. Phénoménale dans "Les petits mouchoirs", Valérie Bonneton fait pitié comme une vieille moquette avec ses tailleurs roses et sa bouche en cul-de-poule. Et le pauvre Arnaud Ducret, on a envie de le cacher sous le tapis, tellement il surjoue mal. Et en plus bruyant comme un aspirateur.

Chatiliez ne sait plus diriger ses acteurs, n’arrive à distiller l’acidité de son humour, à se tenir sur le fil entre l’observation et la satire.

Irréversible ? En tout cas, Chatiliez, ça craint méchamment.

Réalisation : Etienne Chatiliez. Scénario : Florence Quentin. Avec Eddy Mitchell, Alexandra Lamy, Valérie Bonneton, Arnaud Ducret 1h38.