La daube de la semaine

Heyrendt Hubert
La daube de la semaine

Elle a beau être terminée depuis bientôt 25 ans, la guerre froide manque décidément toujours aussi cruellement aux scénaristes américains ! La preuve avec "The Ryan Initiative", qui rejoue la partie Oncle Sam contre le grand méchant russe. Logique somme toute, puisqu'il s'agit de la relance des aventures de Jack Ryan, héros d'espionnage imaginé par Tom Clancy en 1984. Après Alec Baldwin ("A la poursuite d'Octobre rouge"), Harrison Ford ("Patriot Game") et Ben Affleck ("La somme de toutes les peurs"), c'est le fade Chris Pine qui incarne ici ce brillant analyste du FBI qui sait aussi jouer des muscles.

Ce thriller d'espionnage de seconde zone (malgré son casting plutôt haut de gamme, avec Kevin Costner et Keira Knightley) comporte à peu près tout ce qu'on peut imaginer de pire dans le genre. A commencer par un manichéisme à tous crins, seconde peau d'un patriotisme écœurant. Etudiant à la London School of Economics, Jack Ryan décide ainsi de s'engager dans l'armée américaine un certain 11 septembre 2001… Gravement blessé en Afghanistan, il est recruté par la CIA alors qu'il se bat en rééducation. Symbole à lui seul d'une Amérique qui se relève toujours, quels que soient les coups reçus, Jack Ryan est un héros d'un autre temps, grotesque presque. Et le plus beau, c'est que dans ses efforts de propagande de l'impérialisme américain, Hollywood peut tout naturellement faire appel à un cinéaste anglais. En effet, Kenneth Brannagh n'est pas seulement devant la caméra en oligarque russe sans scrupule et totalement caricatural, il se charge aussi de réaliser (sans génie, ni originalité) ce navet survitaminé… H. H.

Réalisation : Kenneth Brannagh. Scénario : Adam Cozad et David Koepp (d'après les personnages de Tom Clancy). Avec Chris Pine, Kevin Costner, Keira Knightley, Kenneth Brannagh… 1 h 45.

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