Cinéma

Les mères sont courageuses, travailleuses, aimantes, étouffantes, bienveillantes, maladroites, généreuses, égoïstes,… Humaines, en somme, et femmes dans un monde encore très masculin, sinon machiste. Alors, oui, certes, elles mériteraient bien un film. Le hic, c’est que dans celui-ci, paradoxalement très normatif, elles sont surtout journaliste, historienne de l’art, écrivaine, comédienne, médecin, présidente, soit majoritairement caucasiennes, Parisiennes, bourgeoises.

Il suffit de voir la séniorerie dans laquelle échoue l’une d’elles, dont la cantine ressemble à un étoilé, pour comprendre que les mères que célèbre Marie-Castille Mention-Schaar sont d’une caste particulière (et l’ajout, maladroit et cliché, d’une clandestine asiatique, ne tempère en rien ce prisme réducteur). C’est la France de Macron, en somme, celle d’en haut vue d’en haut, condescendante avec l’assurance de l’intellect, quand elle observe celle qui ne lui ressemble pas.

On pourrait encore l’accepter, si les dialogues étaient moins pontifiants, la mise en scène moins ampoulée et le casting moins aberrant (Audrey Fleurot en fille de Carmen Maura, Clotilde Courau en sœur d’Olivia Côte). Les bonnes intentions semblent avoir privé l’auteure de tout recul critique. Seul rappel méritoire : la fête des mères, dévoyée commercialement, ne fut pas "inventée" par Pétain, mais par l’Américaine Anna Jarvis - au demeurant jamais mariée ni mère. Le vrai sujet était là.

Réalisation : Marie-Castille Mention-Schaar. Avec Olivia Côte, Clotilde Courau, Audrey Fleurot,… 1 h 41.

© IPM