Cinéma

Et 1 ! Et 2 ! Et 3-0 ! Vingt ans après la finale de 1998, la France en est toujours à se gargariser de la seule victoire de l’équipe de France en Coupe du monde. "Je crois qu’après avoir vu ça, on peut mourir tranquille", disait, au bord de l’extase, Thierry Rolland ce soir-là sur TF1. Pour le paraphraser, on pourrait dire qu’on peut franchement mourir tranquille avant d’avoir vu cette comédie mal écrite, mal jouée, mal réalisée…

Ce dimanche, J-B (Rayane Bensetti), pillier d’une équipe de basket lyonnaise, doit jouer le match de sa vie à Paris : la finale de la Coupe de France Juniors. Mais, arrêtés par la police pour conduite en état d’ivresse, ses parents ne peuvent l’emmener à la gare. Pire, ils lui confient la garde de son grand-père Roland (Thierry Lhermitte), atteint de la maladie d’Alzheimer et qui se fait une joie de voir une autre finale, celle des Bleus (sans se souvenir qu’il l’a déjà vue il y a 20 ans). Allez hop, J-B emmène le vieil homme avec lui sur les rails et les routes de France direction la capitale…

Mike Skyse signe une comédie cousue de fil blanc sur la maladie d’Alzheimer. Comme s’il en était lui-même atteint, il ressasse les mêmes blagues éculées et recycle ses dialogues de façon éhontée : "Bonjour, on se connaît ?" "J-B, comme le whisky ?" Et cela pour faire rire grassement le spectateur au détriment d’un papy qui perd la boule. Le réalisateur voudrait évidemment signer une comédie dramatique délicate sur la famille mais il n’est guère plus convaincant dans ce registre, dégainant d’improbables métaphores sportives du genre : "La famille c’est comme une équipe, faut pas jouer perso…"

Ce qu’on aimerait surtout, c’est que les Français soient un peu plus Alzheimer en ce qui concerne leur fameuse finale de 98. A la longue, cela devient quand même pathétique…


© IPM
Réalisation : Robin Sykes. Scénario : Robin Sykes&Antoine Raimbault. Photographie : Jean-François Hensgens. Avec Thierry Lhermitte, Rayane Bensetti, Lyès Salem… 1 h 30.