Cinéma A 68 ans, l’actrice française retrouve un rôle à sa mesure dans "Lola Pater" du cinéaste franco-algérien Nadir Moknèche. En salles aujourd’hui, cette comédie dramatique narre les retrouvailles d’un fils avec son père, devenu femme. A la fois excentrique et grave, Fanny Ardant est fascinante à regarder dans le rôle de cette transsexuelle pétillante.

Voix grave inimitable, susurrant ses réponses avec gourmandise, Fanny Ardant paraît en interview telle qu’on la connaît à l’écran : mystérieuse et envoûtante. On la dit folle ? On rencontre une dame enjôleuse, ensorceleuse, fascinante. De passage à Bruxelles il y a quelques semaines, l’actrice parlait avec volubilité de son métier et de sa vie, qui semblent chez elle ne faire qu’un. Et de son personnage dans "Lola Pater" de Nadir Moknèche, qu’elle a adoré interpréter.

Avec cette transsexuelle rentrouvant le fils qu’elle a quitté alors qu’elle s’appelait encore Farid, Ardant renoue avec les grandes compositions qui ont émaillé sa carrière depuis "La femme d’à côté" de François Truffaut (dont elle sera la dernière compagne) en 1981. De "Mélo" d’Alain Resnais à "La Famille" d’Ettore Scola, en passant par "Colonel Chabert" d’Yves Angelo ou, dans un tout autre registre, "Pédale douce", qui lui valut le César de la meilleure actrice en 1997.

Avez-vous été surprise qu’on vous propose un rôle de transsexuelle ?

J’ai adoré cette histoire et ce personnage, au-delà même du fait qu’il s’agisse d’un homme devenu femme. Bien sûr, il y avait à imposer le fait que j’eusse été un homme et que j’étais maintenant une femme mais ce n’est pas ça le plus important. Avant d’être femme, cet homme avait un caractère bien défini. C’est d’abord quelqu’un qui avait des couilles, qui a brûlé les ponts derrière lui. Avec à la fois une énorme fantaisie et un grand appel d’amour. Lola est très vulnérable et, en même temps, n’a peur de rien.