Cinéma

Violoniste émérite, dont la carrière est derrière lui, Simon (Kad Merad) décroche, bon gré mal gré, un poste d’enseignant dans un lycée métissé. Il dispose d’un an pour former un groupe d’élèves qui devra se produire en concert à la Philharmonie de Paris. Les débuts sont difficiles. Simon se défie des fortes têtes de la classe, qui le lui rendent bien. Seule la motivation d’Arnold (Alfred Renely) lui donne un peu d’espoir.

Sur le papier, "La mélodie" ressemble à une variante des "Choristes" "entre les murs", en tendant plus vers le second. Acteur devenu réalisateur, Rachid Hami a lui-même été à bonne école, celle de "L’Esquive" (2004) d’Abdellatif Kechiche, et dont on retrouve aussi des échos.

Dans un tel film, le risque était, littéralement, de sortir un peu trop les violons. Hami n’évite pas toujours l’écueil (la scène où Simon joue pour deux parents) ou les clichés, mais il compense quand le naturel et la spontanéité prennent le dessus sur les conventions pour laisser les personnages faire main basse sur l’histoire et le tempo. Dans ces moments de grâce, les jeunes ados - c’est plutôt bluffant - ne cabotinent pas. Leur arrogance et leur fragilité cohabitent avec force.

Kad Merad, une nouvelle fois étonnant, canalise l’énergie dans les scènes de groupe et laisse les jeunes solistes donner de la voix. Dans le récit, la transmission est d’ailleurs double : Simon lui-même évolue au contact de ses élèves, tirant les leçons de ses propres erreurs, retrouvant le plaisir qu’il avait perdu.

Au final, le film porte honorablement son titre : c’est une mélodie, pas un opéra pompeux ou un solo appuyé, et dont les interprètes rencontrent par instants l’injonction de Simon à ses ouailles : "Faites-les rêver".


© IPM
Réalisation : Rachid Hami. Avec Kad Merad, Samir Guesmi, Alfred Renely,… 1h42