Cinéma

En 1952, le père Burke est envoyé par le Vatican pour enquêter sur le suicide d’une nonne dans un monastère reculé de Roumanie. Ses supérieurs lui imposent d’être accompagné par Irène, une sœur qui n’a pas encore prononcé ses vœux. Burke et Irène sont guidés par Frenchie, un jeune Québecois, qui a découvert le corps. Sur place, ils vont affronter le passé des lieux.

The Nun est le cinquième film raccroché à l’univers cinématographique The Conjuring, dont il forme un préquel. S’évertuant à recycler les grands motifs qui firent le succès de l’horreur sataniste dans les années 1970 (L’Exorciste, Damien, Amityville,…), le cinéma hollywoodien en oublie souvent une des grandes leçons : plus grande est la frayeur qui surgit au coin de la rue et non dans des lieux fantasmatiques - ici : une Roumanie de carton-pâte.

Le scénario n’est qu’un fil ténu pour assembler des scènes à sensation. Mieux vaut ne pas le creuser (pourquoi le Vatican ne briefe-t-il pas le père Burke sur les effectifs du monastère ?) Mais entre grand-guignol et saisissements convenus, Corin Hardy case quelques plans qui changent de l’ordinaire. De même, Taissa Farmiga (sœur de Vera, qui jouait dans les premiers Conjuring) livre une interprétation inhabituellement consistante dans ce registre. On s’amuse de la ressemblance du démon travesti avec Marilyn Manson. Et derrière la barbe de Frenchie, on reconnaît avec surprise Jonas Bloquet, qui avait débuté devant la caméra de Joachim Lafosse dans Elève Libre il y a dix ans.

Réalisation : Corin Hardy. Scénario : Gary Dauberman. Avec Taissa Farmiga, Demián Bichir, Jonas Bloquet,… 1h36

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