Cinéma Park Chan-wook et Alejandro Amenábar seront les invités d’honneur du prochain Festival du film fantastique.

Séquence émotion ce midi dans la salle gothique (évidemment) de l’hôtel de ville de Bruxelles, quand le président du Festival du film fantastique de Bruxelles faisait part à la presse de quelques-uns de ses meilleurs souvenirs de 35 ans de Bifff. Quand Dario Argento marchait à quatre pattes à la recherche d’un pare-chocs de voiture, Wes Craven gribouillait l’idée de son prochain film dans un resto de Bruxelles : "People Under the Stair" en 1991 ou quand le jeune Peter Jackson parlait d’un projet un peu fou : l’adaptation d’un petit roman, "Le Seigneur des anneaux" de Tolkien. Et ce ne sont là que trois stars parmi d’autres à avoir fait le pèlerinage à l’un des principaux rendez-vous européen du cinéma de genre.

Durant sa longue histoire, le Bifff a en effet accueilli des pointures comme Peter Fonda, Anthony Perkins, Terry Gilliam, Christopher Lee, Malcolm McDowell, Robert Wise, Ken Russel, Terence Stamp, John Landis, William Friedkin, Stuart Gordon, Shinya Tsukamoto, Joe Dante, Alejandro Jodorowsky, Jude Law… ou même Ringo Starr.

La concurrence de Netlfix

Malheureusement, il est objectivement plus aussi facile pour le festival de dénicher aujourd’hui des invités de ce calibre. Tandis que le Bifff n’est plus, depuis un moment déjà, la fenêtre de lancement idéale pour quelques gros films de studios attendus. Le programmateur du Bifff, le sympathique Freddy Bozzo, ne cache d’ailleurs pas qu’il lui est de plus en plus difficile de faire sa sélection, avançant notamment la concurrence grandissante de Netflix. Quand elle achète les droits mondiaux d’un film, la plateforme de VOD américaine exige en effet d’avoir la première diffusion… Alors que le Bifff se fait un point d’honneur de proposer des films en primeur au public bruxellois. Cette année, sur les 118 longs métrages présentés, huit le seront ainsi en avant-première mondiale, dont trois films belges.

Le festival du film fantastique a quand même fait quelques jolies prises cette année avec, en invités d’honneur et futurs chevaliers de l’Ordre du Corbeau l’Espagnol Alejandro Amenábar et le Sud-Coréen Park Chan-wook, dont on pourra revoir trois films, dont "Thirst, ceci est mon sang" (2009), son essai vampirique. Autre invitée prestigieuse, l’actrice française Edith Scob, qui viendra répondre aux questions des spectateurs à l’issue de la projection des "Yeux sans visage" (1960), classique de George Franju, avec lequel elle a tourné à cinq reprises.

Des compétitions à gogo

Après une édition 2016 difficile - qui s’était tenue une semaine seulement après les attentats de Bruxelles -, les organisateurs espèrent cette année repasser la barre des 60 000 spectateurs sur les treize jours de festival. Les festivités seront lancées à Bozar le 4 avril prochain avec "The Girl with All the Gifts" de Colm McCarthy, film de zombies angliche emmené par avec Glenn Close et Gemma Arterton. Et se clôturera, le 16 avril, avec "The Bar", d’un fidèle du festival, l’Espagnol Alex de la Iglesia.

Outre les quatre compétitions habituelles (internationale, européenne, thrillers et 7e Parallèle), le Bifff inaugure cette année une compétition réservée à un jury de la presse belge. Autres nouveautés, le Bifffmarket, soit un marché du film de genre soutenu par la Ville de Bruxelles et la Région, ainsi qu’une journée "Boulevard du Polar", le 14 avril, avec des romanciers à succès comme Franck Thilliez et Guillaume Musso (lequel découvrira une adaptation… coréenne de son roman "Seras-tu là ?"). Sans oublier toutes ces activités annexes qui font le charme unique du Bifff. A commencer par le classique Bal des vampires, qui se déroulera le 8 avril. Et la journée morts-vivants du 15 avril, avec les jeux Zombifff’Lympics au Mont des Arts, suivis de la Zombifff Parade et de la Zombifff Night.

Quelques films attendus

Au gré des différentes sections, les aficionados du festival pourront découvrir une ribambelle de curiosités (dont une large sélection de films sud-coréens, en association avec le Centre culturel coréen de Bruxelles). Mais aussi les derniers films de quelques grands noms du genre. Comme les Japonais Sion Sono (avec le barré "Antiporno") et Takahi Shimizy ("Little Nightmares"), le Français Yann Samuel ("Le fantôme de Canterville" d’après Oscar Wilde, avec Audrey Fleurot et Michael Youn) ou le Belge Fabrice Du Welz ("Calvaire") avec son premier film américain "Message from the King". Tandis que l’Espagnol Alberto Rodriguez revient après son génial "La isla minima" avec "Smoke and Mirrors" et que Baltasar Kormakur quitte l’"Everest" pour rejoindre son Islande natale dans "The Oath".

Pour les vrais curieux, on peut pointer "Forgotten Scares : an In-depth art Flemish Horror cinema", documentaire de Steve De Roover sur le cinéma horrifique belge des années 60 et 70, "Attraction", version moscovite d’"Independance Day" signée Feodor Bondarchouk, ou encore "Therapy", réalisé par Nathan Ambrosioni, un jeune Français de… 16 ans. A moins que l’on craque pour "Hentaï Kamen : The Abnormal Crisis" de Yuichi Fukuda. Ou quand les superhéros de "HK : Forbidden Super Hero" doivent reprendre du service pour enquêter sur la disparition de… toutes les petites culottes du monde. C’est sûr, le Bifff a l’art de dénicher les pépites les plus improbables !

Du 4 au 16 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Rens. : www.bifff.net.