Cinéma

Le cinéma belge et, partant, le cinéma wallon (puisqu'il faut bien distinguer les sphères régionalisées ou communautarisées d'investissement public), est partout : à Cannes, aux Césars (lire encadré), et près de chez vous. Sur les écrans (où, il faut le reconnaître, le public local le néglige parfois un peu) mais aussi dans des (nombreux) studios et des décors. C'est ce "Cinema Made in Wallonia" auquel vous convie ce week-end Wallimage, le fonds d'investissement wallon. Une première qui survient au moment où l'industrie locale du cinéma arrive à maturité, comme l'a démontré 2008, année particulièrement faste pour le cinéma belge. Faut-il le rappeler ? Quatre films Wallimage étaient à l'affiche du Festival de Cannes : "Le Silence de Lorna" de Jean-Pierre et Luc Dardenne était en sélection officielle (où il a décroché la Palme du meilleur scénario), "Eldorado" de Bouli Lanners était à la Quinzaine des réalisateurs (dont il est revenu avec trois prix), de même que "Elève Libre" de Joachim Lafosse. Enfin, "Home" de Ursula Meier fut présenté à la Semaine de la Critique.

Ce dynamisme n'a pas manqué d'être remarqué par la presse et les professionnels du monde entier. Venu passer 48 heures sur la Croisette pour promouvoir l'industrie wallonne du cinéma, Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l'Economie et dont dépend Wallimage, n'a pu qu'une fois de plus constater un paradoxe : le cinéma belge et wallon est plus connu à l'étranger que sur ses terres. "C'est là qu'est née l'idée de faire découvrir au public wallon ce qui se passe", rappelle Philippe Reynaert, directeur de Wallimage.

Le week-end s'organise selon quatre axes, baptisé en déclinant quelques jeux de mots à la douce autodérision, dans la logique du slogan utilisé à Cannes l'année dernière, "Wallonia, Yes, we Cannes" (voir ci-dessous). Une manière de donner un peu de lustre américain au vernis wallon - parce que le cinéma, après tout, reste du rêve. Si ce premier week-end "Made in Wallonia" est un succès, il pourrait se répéter, chaque année ou tous les deux ans. Une manière d'entretenir la flamme et, peut-être, de susciter de nouvelles vocations.

© La Libre Belgique 2009