Cinéma

C’est déjà presque devenu une habitude, à l’occasion des Journées du patrimoine, le château de Fernelmont, sous l’égide du baron Patrice de Mandat Gracey, ouvre ses portes et organise une exposition temporaire d’artistes contemporains. Cette année, ils ne sont pas moins d’une petite quarantaine à voir leurs réalisations disséminées dans toutes les ailes du château, dans les jardins adjacents et même sur l’eau des étangs. A part dans la grange où tout l’espace est réservé aux interventions contemporaines, dans le reste de la demeure, les dessins, peintures, sculptures cherchent à s’intégrer dans le décor habituel de l’habitat, entre le mobilier et les objets généralement présents. Cet ensemble a été orchestré par Gustavo Urruty, l’un des plasticiens participant à la manifestation. Pas de ligne directrice ou thématique, c’est la diversité qui est largement de mise. Chacun puisera donc dans cette manne suivant ses affinités. On précisera que tout n’est pas du même niveau, on passe de la simple bonne intention à la facture de tradition, voire à la déco, et enfin quelques noms émergent plus particulièrement en haussant le ton.

Au cours du vernissage, on a pu être surpris par un performeur installé sur le toit, une petite baguette à la main. On aurait pu penser qu’il pêchait dans les eaux troubles qui entourent le château, mais pas du tout, de son bout de bois, Jérôme Porsperger dirigeait l’orchestration d’une musique qu’il s’envoyait dans les oreilles, pour lui seul. C’est sa pratique courante, une vidéo en atteste dans une exposition voisine chez Exit 11, dans un autre château, celui de Petit-Leez.

A côté des quelques noms les plus connus, on remarquera plus particulièrement les peintures de Tayo Heuser et les dessins de Eric Winarto qui vient d’exposer à l’abbaye de Noirlac dans le Cher, en France; par contre, d’une tête d’affiche, Jan Fabre, on oubliera les deux têtes cornues pour ne retenir que l’œuvre plus ancienne figurant dans une des salles.

Ne pas omettre de visiter la petite chapelle avec quelques restes de fresques, des objets divers, une vierge de Manon Bara dont on retrouve une série de peintures tout aussi truculentes dans la grange, et aussi avec des photos de pieds subtilement posées sur le sol, le long du mur, de Pepe Medina Galoete. On retient, bien sûr, les images et sculptures tatouées de Jean-Luc Moerman, la sculpture de Peter Buggenhout et celle de Wang Du, celle aussi de Sweetlove, la série noire de Allan McCollum, mais la palme revient incontestablement au duo Robert Quin et Charley Case qui ont pris les dimensions de l’architecture vernaculaire pour réaliser des peintures monumentales à quatre mains.

Fernelmont Contemporary Art. Château de Fernelmont, 77, rue des Combattants, à Fernelmont. Jusqu’au 30 septembre. Du mardi au jeudi, de 14h30 à 18h, du vendredi au dimanche de 14h à 19h. Infos : www.chateaudefernelmont.be