Cinéma

En mars dernier, le directeur du Festival du film de Bruxelles Ivan Corbisier tirait la sonnette d’alarme, révélant qu’après le retrait de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Région bruxelloise avait à son tour annulé son subside. Dans de telles conditions, la tenue de la 15e édition du festival semblait bien compromise. Les organisateurs ayant déjà bouclé une partie de la programmation, ils ont néanmoins tenu à la maintenir. Un dernier baroud d’honneur en quelque sorte, avant la disparition probable du festival.

Le festival s’ouvrira ce samedi au Théâtre 140 avec une "Fête à Yolande Moreau", animée par Thierry Decoster et Christelle Delbrouck, sur le modèle de la grande soirée Guy Bedos de l’année dernière. Dès 20 h 30, la comédienne belge sera rejointe sur scène par diverses personnalités, le temps d’un sketch ou d’une chanson. Le tout rythmé par des extraits de films et diverses surprises. Sont déjà annoncés Philippe Duquesne (ancien comparse des "Deschiens", Jacky Berroyer, Jaco Van Dormael, Zidani, Stefan Liberski, Wim Willaert ou encore Bruno Coppens…

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Rétrospectives Klapisch et Melville

Dans ses mésaventures avec les pouvoirs publics, le Festival du film de Bruxelles a perdu son lieu emblématique : Flagey. Dès lors, sa programmation est réduite à peau de chagrin, avec juste deux avant-premières organisées au White Cinema à Docks Bruxsels : "The Art of Loving" de Maria Sadowska (22/6) et "Ce qui nous lie" (en photo ci-dessus) de Cédric Klapisch (20/6), en présence du cinéaste français, l’invité d’honneur du festival. Quatre jours plus tôt, le 16 juin à 16 h, Klapsich aura également fait le déplacement à Bruxelles pour donner une leçon de cinéma à la Cinematek, avant d’inaugurer la rétrospective intégrale qui lui est consacrée jusqu’au 29 juillet.

Autre rétrospective, toujours à Cinematek, celle qui permettra de replonger dans l’œuvre de Jean-Pierre Melville. Inaugurée le 11 juin à 19 h 30 avec "L’armée des ombres", en présence de son neveu et assistant Rémy Grumbach, celle-ci se poursuivra jusqu’au 26 juillet. L’occasion de revoir sur grand écran tous les films de ce précurseur de la Nouvelle Vague (à l’exception de "L’aîné des Ferchaux"). Dont les emblématiques "Léon Morin, prêtre" (14/6), "Le cercle rouge" (15/6), "Les enfants terribles" (29/6), "Bob le flambeur" (4/7), "Le Doulos" (10/7), "Le deuxième souffle" (18/7) ou encore "Le samouraï" (en photo) avec Alain Delon en 1967 (21/7).

"Le Samouraï" de Jean-Pierre Melville (1967)
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Séances en plein air

Si Yvan Corbisier a dû faire un trait sur la programmation du festival en elle-même, il a néanmoins pu maintenir les emblématiques séances gratuites en plein air, qui se dérouleront du 14 au 23 juin à 22 h 30 place Sainte-Croix, devant le bâtiment Flagey. Où l’on pourra voir ou revoir "Julietta" de Pedro Almodovar, "Quand la mer monte" de Yolande Moreau, "Kings of the Belgians" de Brosens et Woodworth, "Victoria" avec une formidable Virginie Efira, "Saint Amour" avec le duo alcoolisé Poelvoorde-Depardieu ou encore la Palme d’or 2016: "I, Daniel Blake" de Ken Loach. L’occasion aussi de faire - une dernière fois ? - la fête au Festival du film de Bruxelles…

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  • Du 10 au 23 juin, sur la place Ste Croix, à la Cinematek, au Théâtre 140 et au White Cinema. Rens. : www.brusselsfilmfestival.be.
  • Soirée Yolande le 10 juin à 20 h 30 au Théâtre 140. Prix : 25 € en prévente (28 € sur place). Rens. : www.theatre140.be.