Cinéma

Réalisation : Ariel Zeitoun. Scénario : Luc Besson, Charles Perriere. Image : Philippe Piffeteau. Musique : Joey Starr et DJ Spank. Décors : Frederic & Caroline Duru. Costumes : Olivier Bériot. Production : Luc Besson. Avec Chau Belle Dinh, Williams Belle, Malik Diouf, Yann Hnautra, Guuuuylain N'Guba Boyeke, Charles Perriere, Laurent Piemontesi 1h30.

Yamakasi. Le nouveau modèle Toyota? Le dernier petit pot de chez Danone? Une voix sublime venue d'Asie? Vous n'y êtes pas. Yamakasi, c'est de l'ingala, un dialecte congolais, et cela signifie «Esprit fort, homme fort, corps fort».

Yamakasi, c'est aussi le nom que se sont donné sept amis qui voient la vie en verticale. Leur plaisir, leur sport, leur passion: escalader les tours de 20 - 25 étages sur le coup de 6-7 heures du mat', pour admirer le lever du soleil sur la plate-forme tout en haut. Effet garanti sur les locataires de la tour qui, la tête dans le café, voient passer un type devant leur fenêtre et dans le sens inhabituel.

Ce genre de plaisanterie irrite beaucoup les flics, lesquels mettent énormément d'ardeur et de moyens pour les attraper alors qu'ils ne font rien de mal. Si ce n'est que l'exemple peut être dangereux pour les kets de la banlieue qui n'ont pas leur force, leur souplesse, leur technique, mais les admirent comme des dieux, et rêvent de faire comme eux, tellement ça kill.

Et voilà qu'un jour, en jouant à Yamakasi, le petit Djamel se retrouve à l'hosto dans un état critique avec un coeur à remplacer d'extrême urgence. Le coeur, les Yamakasi l'ont sous la main. Pas le flouze. Leur idée: braquer les médecins de l'organisme de transplantation, étant entendu que, s'ils les dépouillent, c'est pour pouvoir les payer ensuite.

ELLE VOLE, ELLE VOLE, LA BANLIEUE

Après s'être passionné pour Mayol qui plongeait à la verticale en apnée dans «Le Grand bleu», il y avait une logique à ce que Luc Besson se passionne pour ces Yamakasi qui grimpent à la verticale les buildings à mains nues et sans équipement. Cela débouche sur un film d'action qui sort de l'ordinaire, marche sur les façades, saute des toits, bondit des escaliers, vrille comme un ascenseur dans un défi permanent à l'attraction terrestre.

Mais ces très spectaculaires scènes de vol dans les deux sens du terme s'intègrent dans un scénario, généreux dans son élan, poujadiste dans sa conclusion.

Flics, politiciens, chirurgiens, tous sont pourris, d'autant plus pénibles que leurs interprètes sont invités à surjouer. On atteint l'écoeurement dans le dernier rebondissement. Dommage. Pourquoi bricoler un scénario alors que la naissance des Yamakasi était une histoire originale? Pourquoi faire rimer absolument film d'action et bas de plafond?

© La Libre Belgique 2001