Cinéma

On voit, depuis quelque temps, fleurir sur le Net une kyrielle de vidéos estampillées "Harlem Shake". C’est le dernier raz-de-marée viral - ou "mème" - à s’être propagé comme une mycose sur la toile. Au fil de ces petites séquences, on découvre plusieurs personnes se trémoussant comme des flans caramel posés sur une machine à laver en marche.

Une danse débilo-suggestive où l’on mime à l’envi l’acte sexuel. Et si nos joyeux danseurs sont revêtus de tenues ridicules ou bariolées, c’est du meilleur effet.

C’est le podcasteur japonais Filthy Frank, bien connu des geeks à lunettes, qui initia le 2 février cette étrange mais non moins amusante tendance. Introduisant du même coup la bande-son devenue officielle du mouvement: le morceau "Harlem Shake" du Dj/producteur Baauer. Une tuerie qui a fait de l’Américain le nouveau porte-drapeau de la jeune scène Trap (mélange peu subtil mais ô combien efficace de dubstep, de dance, de Miami bass, de crunk et d’instrus hip hop, NdlR.).

Plus de 10 000 répliques de la chose seront uplodées en 9 jours, et visionnées 44 millions de fois. La semaine dernière, on dénombrait 25 000 "Harlem Shake" sur Youtube, pour un total de 120 millions de vues. Buzz oblige, le "Harlem Shake" est repris par tous, fait l’objet de flashmob, de parodies dans les bureaux ou les vestiaires de grandes équipes, et est même détourné à des fins commerciales (par Pepsi, Oasis et même l’armée US).

Un phénomène décrit par les psychologues comme "un exutoire collectif qui rompt l’ordre établi pour mieux simuler le chaos" ou, plus simplement, comme "un carnaval organisé à l’échelle de la planète". Mais d’aucuns déchantent sur la planète hip hop, dépossédés d’un fragment de leur culture tourné au ridicule. Car le "Harlem Shake" est, à l’origine, une danse issue des 80’s et des quartiers new-yorkais. Un courant jadis appelé "albee" en l’honneur de son inventeur Al B, qui décrivait lui-même ses curieux mouvements de "secousses alcooliques". Un style tremblotant ayant peut-être inspiré le krump, danse similaire née de l’autre côté, à L.A, et ayant fait l’objet d’un documentaire signé de la main du photographe David LaChapelle ( "Rize", NdlR.). Vous voilà désormais informés, il ne vous reste plus qu’à essayer.

N.Cap.

Pour voir la vidéo, on file sur le blog Let It Sound..