Cinéma

Au démarrage, Le Poulain tient davantage du perdreau de l’année. Un jeune homme en train de donner un cours particulier d’allemand à un parlementaire se retrouve en deux portes, trois couloirs de l’Assemblée nationale, parachuté dans l’équipe de campagne d’une candidate à la primaire de son parti. Il ne connaît rien en politique et sa patronne le mène à la cravache, voilà qui pourrait expliquer le titre. On se dit que le film va éclairer le pouvoir backstage, côté com'. La Conquête, Quai d’Orsay, etc, sont passés par là mais il reste des angles à développer, des révélations à faire.


En les attendant, Le Poulain aligne les lieux communs. L’auteur n’a rien de particulier à dire, la politique est juste un décor. A un roman d’initiation ? Pas vraiment. A une comédie satirique ? Il y a bien quelques punchlines qui percutent mais l’ensemble n’a ni rythme, ni ambition comique. A un thriller ? Mais dépourvu de suspense alors.

En fait Le Poulain est juste une petite daube insignifiante. Après un début prometteur, on assiste à un douloureux ratage car ça fait toujours mal de voir des acteurs s’agiter comme des poissons hors de l’eau. On se souviendra néanmoins des derniers plans à l’intérieur de l’Élysée, dévoilant une salle inconnue, celle des portraits des présidents. C’est que le réalisateur a des contacts au château. Matthieu Sapin a accompagné François Hollande pendant des mois pour lui consacrer un album de bédé. Il en a fait autant avec Depardieu avec le même talent. Malheureusement, il n’est ni Joann Sfar, ni Riad Sattouf. Bloqué au 9e art, son ascenseur refuse de se rendre au 7e.

Réalisation : Mathieu Sapin. Avec Alexandra Lamy, Finnegan Oldfield, Gilles Cohen… 1h37

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