Cinéma

Aujourd’hui, travailler dur pour décrocher un beau diplôme ne suffit plus. Mieux vaut être fils à papa ou à belle-maman, s’appeler Moureaux ou Uyttendaele si on veut zapper l’étape qui n’en finit pas des stages non rémunérés et des petits boulots payés 3 h prestés 6.

Zoé ne trouve pas la sortie de ce parcours du combattant, pourra-t-elle un jour se construire un avenir ? Et voilà qu’avec ses colocs, elle a une illumination. Si on constituait une force avec tous ceux qui rament dans la même galère ? Et de rédiger la charte des affamés car ils ont la dale de se lancer dans la vie.

Ah enfin ! Ça faisait une bonne demi-heure que le film défilait et qu’on se demandait si on allait tirer 104 minutes sur la question : Zoé va-t-elle se mettre en couple avec le frère de sa copine ? Le plaisir est de courte durée, c’était juste une petite séquence pour justifier le titre; la bluette de Zoé reprend.

Les jeunes ont raison, on les prend vraiment pour des demeurés, tout juste bon à boire des bières, engraisser les actionnaires de MacDo et regarder The Voice. Si encore, il y avait un peu de cinéma dans ce portrait, mais pas la moindre trace. Les images sont tellement vides, que la pauvre réalisatrice Léa Frédeval - si elle sort d’une école de cinéma, c’est bien vrai qu’un diplôme ne vaut plus grand-chose - est obligée de mettre une voix off. Quant à Louane dans le rôle de Zoé, elle est terriblement stressante car on a toujours peur qu’elle se mette à chanter.

Mais qu’est-ce que les jeunes ont fait pour mériter un film qui les représente comme cela?


© IPM
Réalisation, scénario : Léa Frédeval. Avec Louane Emera, François Deblock, Marc Jarousseau/Kemar… 1h44.