Cinéma

En douze ans, le festival PleinOPENair, organisé par l’équipe du cinéma Nova, à Bruxelles, est entré dans les habitudes estivales. A l’image d’un lieu né de l’occupation d’un de ces innombrables chancres qui défigurent la ville, la manifestation, activiste et engagée, vaut bien son nom, grosse bouffée d’un air qui refuse celui, maussade et ressassé en vase clos, du temps. Haro, donc, sur les crises, économique ou politique, ou le sentiment de cette insécurité qui transformerait Bruxelles en Chicago-sur-Senne. Pas question, toutefois, de se voiler la face (ce qui serait, aussi, mal vu par les temps légalistes qui courent). Le PleinOPENair propose, en fait, un grand courant d’air, à coup de films, documentaires et visites alternatives. Ici, les caméras ne surveillent pas, elles dévoilent ou révèlent.

Pour rappel, le principe du PleinOPENair est de sortir des murs du Nova. La première station, ce week-end du 30 juillet, se fera sur l’esplanade du Museum des Sciences Naturelles, dans le quartier Léopold - régulièrement arpenté par les habitués de la manifestation, acte de résistance aux ravages urbanistiques engendrés par les divers élargissements européens. Au programme : un concert de Fantazio et son combo, troubadours urbains qu’on croise parfois au détour d’un carrefour. Sur l’écran, on reverra le 30 "The Host" (2006), film de monstre coup-de-poing et critique sociale acerbe du Sud-Coréen Bong Joon-Ho, et, le 31, "Conversation secrète" (1974), un Coppola qui rappelle le temps où le cinéma mainstream américain regardait le côté obscur du système politique américain.

La deuxième halte du PleinOPENair se fera square Lainé, à côté du parc Duden, trait d’union entre le haut et le bas de Forest, supposé insécure le soir malgré la proximité d’un commissariat. La vie s’y installera le temps de deux soirées, le week-end du 6 août. Le big band Capsule descendra de son Anvers pour rythmer la soirée du 6, celui de Los Trogos montera du Midi celle du 7. Le 6, on fera ensuite un voyage en images dans le 9-3 francilien avec "Wesh wesh, qu’est-ce qui se passe ?" (2001) portrait de l’intérieur de la Cité des Bosquets par Rabah Ameur-Zaïmeche. Le lendemain, "La Zona", documentaire de Rodrigo Plá, révélera la tout autre réalité de Mexico - entre violence et quartiers fermés aux relents orwelliens.

Enfin, les mercredis 4 et 11 août, le PleinOPENair s’arrêtera au couvent de Gésù, rue Traversière, à Saint-Josse, objet d’appétits immobiliers depuis quelques années, pour l’instant refrénés par les obligations urbanistiques - et faisant office dans l’attente de centre d’accueil pour sans-abris et sans-papier. Un environnement idéal, donc, pour voir le "Comme tout autre humain" (2008), documentaire de Christiane Schmidt et Didier Guillain sur les sans-papier réfugiés en 2006 à l’église Saint-Boniface de Bruxelles.

Du 30/07 au 11/08. www.nova-cinema.org